ROUILLAC
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Georges Gaudy (1895-1987), écrivain, journaliste, conférenci…
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Georges Gaudy (1895-1987), écrivain, journaliste, conférenci…
Estimation 100 € - 200 €
Lot volontaire
Description
Georges Gaudy (1895-1987), écrivain, journaliste, conférencier et militant nationaliste à l’Action Française
Lot de correspondances
17 L.A.S., 1925-1948, adressées à René Benjamin, dont :
L.A.S., 26 janvier 1925
Monsieur je reviens de Clermont-Ferrand et je trouve votre aimable lettre. J’ai vu là-bas les étudiants d’Action Française et j’ai eu la joie de constater que la plupart connaissait au moins, votre dernier livre. C’était un réconfort que de les entendre parler de vous, et rire joyeusement dans un petit café, où 5 ou 6 ténébreux francs-maçons, à tête de fonctionnaires, nous épiaient de leur regard sombre, et grommelaient de leurs lèvres molles on ne sait quels obscurs propos. Il est stupéfiant que dans cette France si héroïque à la guerre, on soit si privé de courage dans les luttes civiques. S’il n’y avait pas cette magnifique Action française qui est ma raison d’espérer, je ferais miennes les conclusions désolées de Drumont. Aussi qu’un homme de votre talent dise tout haut ce qu’il pense, célèbre, sans se soucier de ce qu’en disent les salons, les vrais Français, (...) c’est un si rare spectacle, qu’il me plonge dans l’allégresse et dans l’admiration. (...) Il suffit de lire deux pages de vous pour voir que si vous ignorez les affres des ajusteurs et des tarabiscoteurs de mots, vous dites, dans un style immuable, de la façon la plus directe, ce que vous pensez, sans vous soucier de plaire ou de déplaire. En ce siècle de vains littérateurs, vous sauvez avec quelques autres qui sont des hommes notre honneur...
L.A.S., Saint-Junien, 24 octobre 1927
Cher monsieur Benjamin (...) j’ai repris les tournées de conférences pour l’Action Française. Hier, j’ai eu à Chasseneuil en Charente une controverse avec un pasteur protestant, fort honnête homme, mais lorsqu’on lui parle de politique, démontre ou essaie de démontrer la supériorité de l’eau sur le vin et se déclare partisan d’une théocratie. Vendredi j’irai à Châteauroux (...) Nous aurons là cent commissaires, car les communistes veulent parait-il renouveler leurs sanglants exploits du Blanc. Si les jours d’hôpital que nous avons dû infliger aux leurs dans cette ville ne leur suffisent pas, nous augmenterons la dose, même si les démocrates chrétiens doivent verser des pleurs. Depuis la Ville Rouge dont je suis fort mécontent, je n’ai rien publié (...) J’avais presque achevé un roman en trois ou quatre volumes (...) Il s’agit d’un problème passionnant : le petit nombre des Elus. J’ai connu pendant la guerre un voyou dangereux qui à la suite de magnifiques exploits avait été nommé caporal, ce qui le relevait à ses propres yeux. Un jour on le soupçonne d’avoir favorisé l’évasion de soldats prisonniers et on le casse. Désespoir. Cet homme voulut la réhabilitation ou la mort et se fit noblement tuer. Nul autre que moi n’a connu sa pensée profonde. Il a laissé à ses témoins une image dégradée. Vous comprendrez que j’ai réfléchi à la destinée de ce malheureux. Il était le produit de quelle hérédité, de quelle éducation ! Et ce sentiment de l’honneur qui jaillit comme un éclair d’une plaque de boue et le mène à la mort...
L.A.S., entête Camelots du Roi, 18 mai 1929
Cher monsieur (...) le monde est un beau ramassis de crétins et de forbans. On pense au mot du pauvre Hamlet ! Pourquoi vouloir donner le jour à une race de pécheurs ? J’ai connu des centaines d’hommes, et j’ai vécu quatre années de guerre, c’est à dire une vie qui vaut bien dix monotones existences de professeurs ou de boutiquiers, et parmi les gens de ma génération, je n’en ai vu que trois d’intéressants, d’assez intéressants pour qui on souhaite offrir sa peau pour sauver la leur. Il y en a malheureusement deux de morts. Tous les deux, circonstance étrange, se sont fait crever le ventre pour sauver le lot d’imbéciles et de gredins que nous cotoyons aujourd’hui. Heureusement la mort approche pour tous, chaque jour...
Joint : 6 L.A.S. dont 6 à entête L’Action Française journal quotidien , 1922-1944, adressées à René Benjamin : 3 L.A.S., 1922-1924, Lucien Dubech ; L.A.S., Lyon, 15 juillet 1944, Roger Joseph ; L.A.S., 29 décembre 1940, Charles Lesca administrateur de l’imprimerie du journal ; L.A.S., Paris, 24 novembre 1943, Noël Boyer, critique musical et secrétaire de rédaction
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À propos de la vente
René Benjamin, le Balzacien du 20e siècle
Lieu de vente
Date
06/10/2026 à 14h00
Crédits photos : Contacter la Maison de ventes
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