Lot phare sélectionné par la Maison de ventes.
Premium ROUILLAC
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Sacha Guitry (1885-1957), dramaturge et acteur
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Sacha Guitry (1885-1957), dramaturge et acteur
Estimation 2 000 € - 4 000 €
Lot volontaire
Description
Sacha Guitry (1885-1957), dramaturge et acteur
Lot de correspondances, invitations, allocution, photographie et divers
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29 L.A.S./P.A.S./L.S., certaines avec enveloppes affranchies, et 16 télégrammes, 1918-1947, dont :
L.S., Paris, 38 rue Scheffer, s.d. [février 1918], deux places réservées au théâtre du Vaudeville pour la représentation de la pièce Deburau
L.A.S., Paris, 4 octobre 1926, remerciement pour la parution d’un article sur Sacha Guitry
L.A.S., Paris, 11 juin 1930, lettre de recommandation pour rencontrer le physicien et médecin Edouard Branly, avec enveloppe adressée
L.A.S., Paris, 28 juin 1939 ; élu à l’Académie Goncourt
L.A.S., 2 octobre 1939
Mon très cher ami vous êtes venu à Paris et je ne l’ai pas su, pourquoi ? Albert m’a dit : il va revenir la semaine prochaine. J’avais pris cela pour un rendez-vous ! Vous n’êtes pas revenu ? J’en suis désolé. Vos deux grands articles de Candide sont admirables. Ils sont écrits au rythme des battements de votre cœur. A la dernière ligne on est époumoné dame ça monte ! et ça remonte. Laissez-moi en ami fidèle et tendre partager votre émotion et votre angoisse. Et je ne veux pas attendre la fin de ma lettre pour vous embrasser tous les deux, elle et vous. Il se passe au front des horreurs, il se passe en Pologne des monstruosités. Et j’ai l’impression qu’il se passe à Paris des choses pas très belles. Oh ! Clemenceau !
J’organise depuis 15 jours une chose qui me tient à cœur. J’ai réuni : Victor Boucher, Max Dearly, Gaby Morlay, Elvire Popesco, Raimu, Mireille et nous, nous allons aller de ville en ville ; Orléans, Tours, Angers, Angoulême etc etc tous bénévolement à nos frais sans subvention et à chaque représentation pour compter offrir une ambulance à la Croix Rouge. Chaque ambulance portera le nom de la ville où la recette aura été réalisée. Nous devons faire une moyenne de 46000 fr. La recette intégrale sera versée et j’ai bon espoir. Ensuite j’irai chez les neutres sans doute dans le même but. Envoyez moi s’il vous plait quinze fois sur 15 feuilles de papier votre phrase : On ne peut pas vivre sous les Allemands. On peut mourir sous eux. Et signer. C’est pour une vente aux enchères au cours de la journée
L.S., Paris, 12 septembre 1940 + brouillon manuscrit d’une partie de la lettre au crayon bois signée
Voici la troisième lettre que je vous écris. Les deux premières me sont revenues et, de tout cœur, je souhaite que celle-ci vous parvienne enfin et dans cet espoir, je ne vois rien de mieux à faire que de recopier la première de ces lettres. Je vous disais :
Enfin ! Enfin, j’ai de vos nouvelles et avec quelle émotion et quelle joie, je viens de lire et de relire votre lettre !
Aussi, je vous embrasse tout de suite. Je recommencerai tout à l’heure en vous quittant mais je ne veux pas attendre davantage pour le faire, car je tremblais pour vous depuis des semaines et des semaines, depuis cette lettre où vous m’appreniez votre folle détermination de partir à bicyclette. Je vous imaginais sur les routes, éreinté, transpirant, et j’étais obsédé par la vision odieuse de votre cicatrice se rouvrant.
Ah ! Comme vous avez eu raison de rester chez vous restez-y.
Oui, nous sommes à Paris. Après cinq semaines de traitement à Dax, après la catastrophe, nous avons regagné nos "foyers". Nous l’avons fait sans trop de peine, grâce, il faut le dire, à l’obligeance de l’occupant. Si nous n’avions compté que sur les nôtres, nous serions sans doute encore dans quelque camp de réfugiés. A ce propos, je vous conterai plus tard mille détails qui vous amuseront et qui vous navreront. Entre autres, le départ de Bergson, négligé par les Français, hélas ! et salué par un peloton de soldats allemands.
(A ce sujet, j’aimerais savoir si Monsieur Bergson est en bonne santé et s’il a pu regagner sa maison de Saint-Cyr, sise en face de la Béchellerie, de France. Prenez de ses nouvelles et, s’il vous plaît, donnez-m’en)
Aussitôt rentré à Paris, j’ai mis Pasteur en répétitions... etc. etc.
Et, aujourd’hui, alors, voici de nos nouvelles. Nous avons joué Pasteur à deux reprises, devant des salles qui n’étaient pas pleines, mais qui étaient vibrantes. L’attitude des officiers allemands encourageait le public à ne pas dissimuler ses sentiments.
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À propos de la vente
René Benjamin, le Balzacien du 20e siècle
Lieu de vente
Date
06/10/2026 à 14h00
Crédits photos : Contacter la Maison de ventes
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