ROUILLAC
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René Morère (1907-1942) artiste peintre, le Castillonnais de…
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René Morère (1907-1942) artiste peintre, le Castillonnais de…
Estimation 100 € - 200 €
Lot volontaire
Description
René Morère (1907-1942) artiste peintre, le Castillonnais de Montmartre
Lot de correspondances de l’artiste, de sa soeur et d’un ami collectionneur
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8 L.A.S., années 1930,-1942 René Morère adressées à René Benjamin et à Raymond Ritter, dont :
L.A.S., 26 juillet
Cher René Benjamin Je vous demande de tout mon cœur de m’excuser si je vous ai laissé tant de temps sans nouvelles ( ) ça ne va pas très fort et que les maux tombent sur moi les uns après les autres, les plus graves comme les plus bénins et que ce concert où je suis bien malgré moi invité est un peu discordant et pénible. J’espère malgré tout que cette si méchante passe que je traverse depuis près de 8 mois cessera bien quelque jour et qu’au bout du compte quelque petite lumière se mettra à briller. Je suis très heureux que vous travailliez beaucoup, je voudrais pouvoir en dire autant ! Mais la campagne où je suis venu m’installer quelque temps, tout en devant revenir 3 fois par semaine à Paris pour des traitements, me semble infiniment triste et en tout cas incapable de me donner quelque heureuse fait. Vos tableaux sont chez moi, dites-moi si vous voulez que je les porte chez vous
L.A.S., s.d. [printemps 1933]
Cher monsieur Benjamin Voilà qui est fait mon exposition aura lieu chez Bernheim jeune du 27 mai au 9 juin dans une belle salle du premier. Je vous dois cela d’inespéré, à vous, à Guitry. Je ne l’oublierai jamais ( ) Croyez que je ne vois et ne cherche que la beauté, la féérie et qu’il n’y a pas tellement d’intentions satiriques ni laides dans mes toiles. Je m’en suis toujours défendu. Mais revenons à cette exposition. Je pourrai mettre une trentaine de toile mais que des toiles moyennes, pas de grandes, car le plafond est un peu bas et une vingtaine de dessins et gravures. Je veux évidemment frapper le plus que je pourrai et il faudrait rien négliger pour cela. ( ) je vous remercie d’avoir parlé de moi à Guitry avec la chaleur que vous avez du y mettre pour qu’il fasse tant pour moi !...
L.A.S., Paris, 30 mars 1934
Cher René Benjamin Je viens de rentrer depuis quelques jours à Paris. J’ai passé à Pau trois mois où ma santé s’est un retapé et où j’ai eu le grand plaisir de vendre une dizaine de toiles. Pau m’est vraiment un repos, par l’accueil que mes amis s’ingénient à me faire, par la raison d’être que j’ai, en vendant des toiles et cette illusion que j’ai aussi d’être attaché un peu, socialement, à quelque chose. Les quelques journées à Paris me replongent dans cette inquiétude, ces hantises dont je ne puis me défaire ici, qui deviennent de plus en plus tenaces et horribles. L’idée d’être noyé ou d’être ligoté au pied d’un mur. N’avoir pas d’amis, ne pas trouver une suite à ma peinture, une répercussion et l’isolement néfaste dans lequel je vis. Tout cela me paralyse vraiment. Je suis arrivé à ce tournant où les années de jeunesse passées et de bohème qui se contente d’elle. L’esprit a ce besoin absolu s’assises plus calmes, pour que la production se féconde un peu et s’enfièvre. Je sens cela depuis plus d’un an, je me tourne dans ce lit défait sans repos et je ne travaille pas. C’est ce qu’il y a là-dedans de plus terrible car c’est juste au moment où l’esprit se dégage des passions de la jeunesse et ne trouve e plus en plus comme vraie fin, comme la moins vaine des passions que tout précisément ce travail. C’est évidemment beau la solitude et juste, et utile mais j’ai fait des centaines de kilomètre à pied dans les rues de Paris, la nuit et refaire cela tous les soirs, ça ne me mène plus à grand-chose, je veux dire. Je veux faire mon métier de peintre, en ayant quelque repos et quelque distraction, et quelque « suite » qui ne vienne pas uniquement de moi. Je voudrais avoir à Paris, la vraie ville qui compte quand même, le même plaisir que j’ai à Pau. La même suite. Les macaronis sont faits pour qu’on les mange. La peinture pour qu’on la regarde et qu’on la discute ou qu’on l’aime, en tout cas pour qu’on s’occupe d’elle.
vie d’un artiste est faite de sa solitude et de son attachement, de son collage avec le monde et la société mais il faut les deux. La vie de rat que je mène ne peut pas durer parce qu’elle me paralyse. Je le sens trop. Comment en sortir ? Il faudrait qu’on m’aide tant soit peu, qu’on m’ouvre quelques portes. Rien ne vient à moi sur le boulevard de Clichy ou à Barbès, c’est toujours moi qui donne ! Et vous savez, malgré les guerres et les révolutions, et quels abominables temps nous vivons ! La vie d’un artiste se fait toujours. La résignation ne favorise pas les arts. Il faut lutter et conquérir, mais pour cela avoir quelques atouts dans la maison. Pour convaincre il me faut connaître un peu intimement qui convaincre.
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À propos de la vente
René Benjamin, le Balzacien du 20e siècle
Lieu de vente
Date
06/10/2026 à 14h00
Crédits photos : Contacter la Maison de ventes
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