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ROUILLAC

132 - Louis Icart (1888-1950) artiste peintre, graveur et illustra…

Estimation 200 € - 400 €
Description
Louis Icart (1888-1950) artiste peintre, graveur et illustrateur Lot de 30 L.A.S., 1942-1948, adressées à René Benjamin RETROUVEZ LE DESCRIPTIF COMPLET ET DETAILLE DE CE LOT DANS NOTRE CATALOGUE DE VENTE SUR INTERNET Belle correspondance qui révèle une amitié profonde, née d’une admiration mutuelle. Louis Icart y dévoile ses sentiments d’artiste et d’homme inquiet, cherchant dans les livres de René Benjamin un guide spirituel. Il se confie sur son processus créatif, réfutant l'idée d'une "facilité" de travail, et décrit au contraire ses angoisses et sa quête de perfection. Les lettres détaillent l'intense activité d'Icart durant ces années de guerre, qui illustre de grands classiques (Don Quichotte, Faust, Les Fleurs du Mal) et travaille sur un projet titanesque : synthétiser en peinture les neuf symphonies de Beethoven. Il évoque également son installation à Montmartre, place du Calvaire, d'où il rêve de voir un jour "Paris se rallumer". Itteville, 14 octobre 1942 Cher Grand Ami, Hé bien ! cette fois, je crois que je vous ai « laissé le temps de vous reprendre... » ? J'en ai du remords, d'ailleurs car, qu'avez vous dû penser de moi ?.. Etre demeuré trois semaines silencieux, après votre lettre si douce, si confiante, si « honorable » (dans le sens noble et médiéval du mot.) Oh ! quand je l'ai reçue, mon premier réflexe a été de vous répondre sur l'instant même, de vous crier, tout de suite, mon « merci » ! mon affection redoublée, ma Foi en vous... !.. Mais ma femme, vigilante, intuitive (et qui vous admire autant que moi-même !) m'a soufflé : « ... Tu vas devenir obsédant... Ne lasse pas Monsieur Benjamin... Tu vas le forcer à te répondre encore... Tu voles du temps à son œuvre .. etc.. etc... ! » Et alors, effectivement, j'ai pensé à cela... j'ai écouté ce sens que j'ai du respect dû devant l'enfantement de l'écrivain... J'ai voulu attendre.. je me suis puni. Oh ! pour ça, je ne vous ai pas oublié et je puis affirmer qu'il n'est pas de jour où je ne pense à vous, à ce que vous me dites de si vrai, de si émouvant dans vos lettres (car, moi aussi, je relis les vôtres...) où je n'ai parlé de vous... « On ne peut pas vivre sans amour ! » dit une chanson populaire. Je crois qu'on ne peut pas : vivre sans amitié. Et puisque notre lamentable et dangereuse époque nous condamne à l'éloignement, au piétinement, à l'isolement il faut bien se résoudre à correspondre... « Correspondre »... « Correspondance »... Vous ne trouvez pas que ce mot dit bien ce qu'il signifie ?.. Dans une amitié comme la nôtre, qui est neuve, qui est fraîche et qui durera ! nos lettres, réellement, ne peuvent qu'entretenir cette « correspondance » de nos âmes, pareillement éprises de Beauté, de Pureté, de Poésie, d'Art... . Et, en définitif, peut-être, malgré les heures qu'elles nous auront coûté, apparemment en pure perte de temps, pour le charme peut-être dis-je, nous auront-elles aidés « à nous trouver... » ? C'est-à-dire à nous donner l'occasion... supplémentaire, de dépenser davantage notre cœur. Je parle évidemment surtout pour moi. Car vous, dans vos livres, vous le donnez tellement... ce « cœur innombrable »... Et alors, comme vous voulez bien me le confier, je comprends que vous soyez, aussi, un homme heureux. J'avais peur, voyez-vous... Pardonnez-moi d'avoir douté... Vous m'avez rassuré, et, par cela, comblé mon propre bonheur... Je vous comprends si bien me trouvant moi-même, exactement comme vous, toutes les satisfactions que l'on trouve dans l'accomplissement de son métier. Passionnant comme le vôtre. Exclusif comme le vôtre. Car, malgré l'attirance que vous avez vers la Peinture, comme je l'ai vers la Littérature, notre besoin d'exprimer des états d'âme, se rejoint. J'ai toujours pensé que la plume et le pinceau ne tendent qu'à un but identique : éclairer ! C'est pourquoi, comme peintre, je suis fou de lumière. Et ma manière de peindre actuelle (que j'ai mis quinze ans à « mettre au point ») le dit assez, puisque je me cantonne dans les harmonies les plus nuancées des blancs et des gris. Oui.. j'aimerais que vous connaissiez mes toiles.. oh ! pas par vanité, certes ! mais pour que vous me connaissiez mieux ! Tout homme est tellement nu dans son œuvre... RETROUVEZ LE DESCRIPTIF COMPLET ET DETAILLE DE CE LOT DANS NOTRE CATALOGUE DE VENTE SUR INTERNET
À propos de la vente René Benjamin, le Balzacien du 20e siècle
Lieu de vente
Date 06/10/2026 à 14h00
Crédits photos : Contacter la Maison de ventes
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