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138 - Abel Bonnard (1883-1968), écrivain, poète, académicien et mi…

Estimation 300 € - 600 €
Description
Abel Bonnard (1883-1968), écrivain, poète, académicien et ministre sous le régime de Vichy Réunion de correspondances, notes manuscrites et coupures de presse 15 L.A.S./P.A.S. et 7 enveloppes affranchies, 1924-1948, adressées à René Benjamin, dont : L.A.S., Paris, 17 juin 1926 Mon cher ami, C’est avec émotion que je vous remercie de votre article. Ce que j’y vois tout d’abord, ce que j’y retrouve vous-même, c’est votre incomparable générosité toute mêlée à votre intelligence. Le spectacle est si magnifique que j’en jouis, en oubliant que j’en profite. Quelle clarté, et quelle ardeur ! Quelles ailes vous donnez au bon sens ! Comme on est heureux quand on retrouve ainsi dans ses amis les plus belles qualités de l’homme. Vous me donnez deux joies, mon cher Benjamin, chevalier de la grande cause. L’une c’est d’exister comme vous êtes, l’autre c’est que l’existant ainsi, vous soyez mon ami. Il m’est doux d’ajouter de la reconnaissance à l’admiration et à l’affection que j’ai pour vous. L.A.S., Paris, 4 décembre 1926 Cher Ami, C’est toujours moi qui veux vous écrire et c’est toujours vous qui m’écrivez. Oui, je m’étais bien promis de vous dire combien j’avais aimé cette dernière nuit où s’exprime cette sensibilité si vive que vous avez, et que, de l’habitude, vous contenez si sévèrement. Je voulais vous dire aussi, après avoir relu votre Joffre et votre Barrès, que vous êtes un grand portraitiste, prompt à saisir ce qu’il y a dans un homme de plus personnel, en dédaignant tout ce qui n’est que particulier et accidentel. J’ai admiré une fois de plus quelle chaleur de l’âme soutient la rigueur de votre talent. Et voici qu’au moment où je vais vous dire tout cela je reçois votre lettre sur ma Rome. Alors je pense : quel plaisir si mes livres sont un peu pour lui ce que les siens sont pour moi... 2 L.A.S., Madrid, 20 novembre 1948 Mon cher Benjamin, Votre lettre a été pour moi comme une grande lumière et comme un grand feu. Son arrivée m’a merveilleusement surpris, mais le témoignage de vous qu’elle m’apporte ne me surprend pas. Je retrouve sans le moindre étonnement votre générosité d’âme. Je savais que votre fils aîné était mort vaillamment en Lorraine ; mais ce que vous ajoutez sur le sort des vôtres me navre le cœur. Quelle consolation nous reste-t-il s’il n’y a pas ailleurs, chez ceux que nous aimons le plus, un peu du bonheur que nous n’avons plus ? Ma mère est morte très peu de temps avant mon arrivée ici. Mon frère est mort en août dernier, brusquement emporté par une maladie foudroyante. J’allais vous écrire que je suis maintenant parfaitement seul, mais je m’aperçois que je n’ai pas le droit de parler ainsi, quand je reçois un témoignage d’amitié comme celui que vous me donnez. Mon cher Benjamin, que j’aperçois de loin comme « le Chevalier solitaire », quelle honte de ne rien pouvoir pour vous, quand je voudrais que mon affection marchât comme un archange à côté de vous ! Je lis beaucoup et tout ce que je recevrai de livres me fera grand plaisir, surtout s’il s’agit de livres de vous. Rien ne me rendra plus heureux que de pouvoir correspondre avec vous selon les indications que vous me donnerez, pourvu que cela ne présente pour vous aucune espèce d’inconvénient. Je vous embrasse, mon cher Ami, qui êtes à la fois très loin et très près. Votre A.B. Je ne vais pas très bien, mon cœur se détraque ; mais je ne me fais pas d’illusions, je crois que cela peut durer encore longtemps. Notes manuscrites de René Benjamin sur feuillets volants in-12 et in-8 et coupures de presse, dont : Etc... RETROUVEZ LE DESCRIPTIF COMPLET ET DETAILLE DE CE LOT DANS NOTRE CATALOGUE DE VENTE SUR INTERNET
À propos de la vente René Benjamin, le Balzacien du 20e siècle
Lieu de vente
Date 06/10/2026 à 14h00
Crédits photos : Contacter la Maison de ventes
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