Lot phare sélectionné par la Maison de ventes.
Premium ROUILLAC
142
-
Archives personnelles de René Benjamin, 1940-1948
142
-
Archives personnelles de René Benjamin, 1940-1948
Estimation 3 000 € - 6 000 €
Lot volontaire
Description
Archives personnelles de René Benjamin, 1940-1948
Lot de manuscrits et correspondances
RETROUVEZ LE DESCRIPTIF COMPLET ET DETAILLE DE CE LOT DANS NOTRE CATALOGUE DE VENTE SUR INTERNET
6 carnets manuscrits, 21 x 13 cm, La guerre : carnet n°I 25 septembre 1939-avril 1941 ; n°II avril 1941-mars 1942 ; mars 1942-juin 1943 ; n°IV juin 1943-mars 1944 ; n°V mars 1944-septembre 1944 ; n°VI septembre 1944-juin 1946 [22 juillet 1948] , + de 870 pp. ; récits de ce qui se dit , notes journalières ou hebdomadaires de René Benjamin de ce qu’il a entendu, lu ou vécu
(...) 29 avril 1944 (...) Je ne suis jamais tranquille. Jamais. L’autre jour une auto allemande est arrivée contre la grille, une auto jaune. Quatre Allemands verts sont descendus. Mon coeur a battu. J’ai pensé tout de suite : ils viennent m’arrêter. Pourquoi pas ? Deux d’entre eux sortants sont entrés dans la cour. Je suis sorti. Je devais être pâle. J’avais des pansements aux jambes. J’ai eu le temps de penser : ça va être commode des abcès en prison ! C’était 2 très jeunes Allemands, 18 ans chacun, c’est vrai. Ils m’ont salué très timidement et ils m’ont demandé si j’’avais des oeufs !!
(...) C’est honteux, honteux ce vidage ce pillage complet des appartements et maisons de certains Juifs (ce que m’écrit des biens de Louis Schmoll, Melle Bogaval). Où vont toute ces richesses volées ? En Allemagne (...) Plein les douves à Villandry, il y a des tracts lancés par les Anglais, indiquant les prochains débarquements dans les Balkans, particulièrement d’Italie, avec des flèches sur la marche des troupes. Voilà ce que vous allez voir !
(...) 17 mai 1944 Hier chez les Métadier, le Préfet dit nettement : "Je ne crois pas à un débarquement. Je crois à la guerre civile. Ils l'ont voulue. Ils la font. Ils la réussissent. Ils peuvent faire l'économie du débarquement. Avant deux mois la situation sera impossible 1/ : En Dordogne, Corrèze, Jura, Savoie, le terrorisme augmente. Officiellement 1200 attentats par décade. 2/ Ns commençons à être devant des problèmes insolubles. Celui de gaz (charbon, transports). Celui de l'électricité. Qd la vie ne sera plus possible, les alliés ne pourront + vivre. Qu'est-ce qu'ils feront ? Les autres alors, ont-ils besoin de débarquer avant cette situation tragique ? Et ns sommes, et ils sont au bout de tout. Plus de matières premières. Tout usé. J'ai déjà 28.000 réfugiés ds mon département. Ce qui est admirable, ce sont les jeunes, des équipes sociales. Jeunes gens et jeunes filles !
Pour le Maréchal, il ne distingue pas très bien ce qui s'est passé. Qd le 28 avril il a dit dans son message : "Qd la tragédie actuelle aura pris fin et que grâce à la défense de notre continent par l'Allem. et aux efforts de l'Europe, notre civilisation sera définitivement à l'abri du danger que fait poser sur elle le bolchevisme, la France retrouvera et affirmera sa place. Cette place sera fonction de la discipline qu'elle aura montrée ds l'épreuve et de l'ordre qu'elle aura su maintenir chez elle..." il n'a pas écrit cela spontanément, de son plein gré. Ca a été la rançon du voyage à Paris, où les All. ont été furieux qu'il ait parlé... d'abord et qu'il ait parlé sans dire ce qu'eux voul.
Le Préfet se rappelle l'avoir entendu dire : "Je hais les Allemands." Le message lui semble exigé par eux. Et la montée à Voisin, également. Et la façon dont Brinon, 2 jours après, a dit aux journalistes : "Le Maréchal mène une vie identique à celle de Vichy" est bien la preuve qu'on voulait répondre à ts les bruits Tracou et autres : "Il est prisonnier des Allemands . Au fond, il ne peut pas ne pas l'être. Je l'étais à Vichy. Il l'est à Voisins.
Dans les clauses de l'armistice, dit le Préfet (qui sait tout, et avec précision), il y avait que ts les ponts dev. avoir 1 chambre de mine. Et c'est ns qui l'avons payée, pr ts les ponts.
Dezarrois me confirme le pillage honteux des Juifs français par les All. Tout a été vendu ou envoyé en Allem. au profit du Reich. Banditisme complet. Et qd fin 40, Dezarrois a vu que le jeu de Paume devenait l'exposition des chefs d'œuvre pillés (le passage là où on les estimait et on les répartissait. Le Maréchal Goering s'en octroyait) il a donné sa démission. Les Chardin d'Henri de Rothschild sont partis en Suisse à Frangins. Mais Edmond et Robert ont été totalement dépouillés. Autre honte. L'histoire du Van Eyck de St Bavon de Gand, réfugié à Pau enlevé par les All. dont le conservateur impuissant sans protestation de Bonnard !!
Les All. croient à des parachutistes dans la forêt d'Amboise et de Chinon et qu'on se battra entre Amboise et le Cher parce qu'il y a par là des réfractaires. Les parachutistes serviraient à lever la population et à la faire se battre..."
RETROUVEZ LE DESCRIPTIF COMPLET ET DETAILLE DE CE LOT DANS NOTRE CATALOGUE DE VENTE SUR INTERNET
À propos de la vente
René Benjamin, le Balzacien du 20e siècle
Lieu de vente
Date
06/10/2026 à 14h00
Crédits photos : Contacter la Maison de ventes
Vous aimerez aussi