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Henri Massis (1886-1970), critique littéraire et essayiste n…
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Henri Massis (1886-1970), critique littéraire et essayiste n…
Estimation 300 € - 600 €
Lot volontaire
Description
Henri Massis (1886-1970), critique littéraire et essayiste nationaliste
Lot de correspondances et 1 publication
26 L.A.S./P.A.S., 1921-1947, adressées à René Benjamin, dont :
L.A.S., Vieux Moulin (Oise), s.d. [1927]
Mon cher ami ( ) quant à moi je noircis du papier avec de l’encre violette d’ailleurs. L’Occident me vaut d’innombrables polémiques ; les uns me reprochent d’être trop « spirituels » ; les autres d’être trop « politiques » Ah ! nos contemporains n’ont plus la notion des « ordres » comme disait Pascal. L’Europe a perdu la tête, et Rome est sans cesse invoquée par les ennemis de l’Occident. Quel effroyable gâchis ! Pourtant quand on lit un bouquin comme celui de Siegfried sur les Etats-Unis d’aujourd’hui (je vous le recommande) on se sent plein de tendresse et d’amour pour cette vieille et absurde Europe. Ah ! mon ami quelle humanité les « cent pour cent » puritains de la Virginie ou du Texas nous préparent, avec leurs balls, leurs prohibitions, leur « eugénisme » et la « stérilisation » des hommes de couleur ! Oui ils ont trouvé cela dans leur Bible, le moyen de rendre inféconds les nègres et les jaunes, tout en leur laissant la possibilité de faire l’amour ! Admirez, Benjamin, admirez le nouveau monde. Et dites moi si vos Bretons, dans leur délire, iront jamais jusque là. Renan, Châteaubriand, Lamennais ne deviennent-ils pas bien « sympathiques » comme dit M. Bourget. Pailleron, quand on songe à ces Yankees taylorisateurs ! Mais je ne sais pourquoi je vous dis tout cela ( ) vous ne me demandiez que des nouvelles de l’affaire Daudet (je n’en ai point) et de Bernanos l’errant Soyez rassuré : il est populaire (ah ! ces romanciers). Il vient d’acheter à Clermont (Oise) une magnifique vieille maison où il est en train de s’installer
L.A.S., Le Mayet de Montagne (Allier), 6 août 1947
(...) Je pense bien souvent à vous. Faut-il vous l'écrire ? Sur les uns et sur les autres, ne savons-nous pas à peu près la seule chose qui importe de savoir aujourd'hui : si tel ou tel d'entre nous vit encore. Pour le reste trop de choses à se dire que vient arrêter ce mouvement de pitié ou de dégoût où l'âme ne cesse d'osciller au milieu de ce monde affreux. Alors quand on sait que Benjamin est toujours là quelque part, c'est-à-dire que quelque chose de solide existe, sur quoi l'on peut compter ! Inutile de l'embêter : on se dit : tout va bien, car on sait que le jour venu, où l'on pourra refaire ce qui est à refaire, il sera là. Nul besoin de le lui dire, ni de le lui demander. (...) De moi, que vous dire ? Je suis parti pour le Bourbonnais vers le 15 juin : j'y resterai jusqu'à la fin de septembre. Nous avons pu louer au Mayet-de-Montagne la maison que mon fils habitait pendant l'occupation ; et nous y sommes avec ses deux aînés. Ma pauvre femme qui a passé un affreux hiver (quatre mois au lit, pyélonéphrite, ébouillantée ensuite) connaît comme repos l'ilot de femme de cuisine et de bonne d'enfants dont la persévérance et la force pourrait être puisée... Pour moi, je vis de ma force avec Pascal (un bouquin pour la collection Fayard) et ça me dégoûte de répéter sur sa vie (après tant d'autres) ce qu’ils ont dit bien mieux que je ne saurais le dire ; ces travaux de librairie sont la chose la plus assommante du monde et frappent l'esprit d'une sorte d'engourdissement épouvantable... Je viens de finir une soixantaine de pages pour une réimpression de mes bouquins de critique : quelle folie ! qui tout cela peut-il intéresser encore ? Quand pourrai-je refaire une Revue. C'est la seule chose qui me redonnerait du goût à l'existence. Cela me manque terriblement. On me citait, l'autre jour, un bien joli mot de Paulhan : "C'est très dangereux d'être directeur d'une Revue : on se croit l'auteur des articles que l'on publie..." Très vrai ; et j'en parle d'expérience : combien de fois, les avoir publiés ne m'a-t-il pas suffi... L'important, c'est que les choses soient dites... même si cela ne doit servir à rien...
Avant-Postes (chronique d’un redressement) - Les cahiers de l’Occident
Paris, Librairie de France, n°4 (2e série)
Edition originale sur Alfa Navarre
24 x 19 cm, envoi autographe signé
RETROUVEZ LE DESCRIPTIF COMPLET ET DETAILLE DE CE LOT DANS NOTRE CATALOGUE DE VENTE SUR INTERNET
À propos de la vente
René Benjamin, le Balzacien du 20e siècle
Lieu de vente
Date
06/10/2026 à 14h00
Crédits photos : Contacter la Maison de ventes
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