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Premium ROUILLAC
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Francisque Girard, artisan bressan, militant d’Action frança…
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Francisque Girard, artisan bressan, militant d’Action frança…
Estimation 1 500 € - 2 500 €
Lot volontaire
Description
Francisque Girard, artisan bressan, militant d’Action française et milicien en 1943-1944
Lot de correspondances et photographies
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26 L.A.S./P.A.S./L.S., 1927-1944, adressées à René Benjamin, rarissimes témoignages d’un milicien de Bourg-en-Bresse en 1943-1944, dont
L.A.S., Brou, 10 février 1942 ; fait part de la détresse morale physique et matérielle des Compagnons de France avec des exemples, et propose de revoir son organisation
L.A.S., Bourg, 20 septembre 1942 ; narre la visite du maréchal Pétain, la fête privée organisée à la préfecture, la chance de mettre par deux fois ma main dans celle que me tendit le Maréchal...
L.A.S., Bourg, 21 décembre 1942 ; témoignage sur la situation explosive dans l'Ain, un département clé de la Résistance (Maquis de l'Ain et du Haut-Jura dirigés par Romans-Petit)
L.A.S., Bourg, 16 juin 1943 ; victime d’un attentat à la bombe + 4 clichés photographiques du magasin saccagé par l’attentat à la bombe + copies tapuscrites des deux lettres adressées au Maréchal Pétain et à Laval
L.A.S., Bourg, 13 juillet 1943 ; discours radical contre la Résistance
Copie tapuscrite, Grenoble, 12 août 1943, d’une mère d’un milicien assassiné, elle-même engagée dans la Milice grenobloise
L.A.S., Bourg, 6 octobre 1943 ; témoigne de son amertume grandissante face à ce qu'il perçoit comme l'inefficacité ou la complicité des forces de l'ordre locales vis-à-vis de la Résistance ; il multiplie les exemples d’événements survenus à Bourg + cliché photographique du tract
L.A.S., Bourg, 18 avril 1944
Mon bien cher Ami, (...) Je voulais vous dire ce qui m'avait empêché de vous écrire plus tôt : mille tracas, vous le devinez. Un jour c'était la garde des voies, une autre fois une alerte. Puis les complications des affaires : nouveau prélèvement de personnel, etc, pour cette raison et pour d'autres, départs de plusieurs ouvriers. Suppression du courant aux ateliers 4 jours sur sept ; fermeture de la gare de Bourg aux expéditions .... la plupart du temps. Enfin, conséquence de tout cela, beaucoup de fatigue qui m'empêchait de veiller comme je l'aurais voulu quand la "besogne" était terminée.
Je ne sais si vous savez, par Vichy ou par la Radio ou encore les journaux que la région de l'Ain, après la Haute Savoie a été le théâtre d'opérations de police dont le moins qu'on puisse dire est qu'elles furent sévères.
Les exploits des maquisards ont provoqué de la part des occupants des expéditions punitives qui ont en certains points atteint une rigueur terrible. Vous ne sauriez imaginer la bêtise des maquisards à exciter nos occupants. C'est une guérilla qui n'a pour résultat certain que de faire sauter des voies, dérailler des trains, tuer par ci par là un ou deux soldats allemands, mais qui en même temps nous prive de communications avec une partie du département, fait réduire les transports et surtout entraîne des représailles épouvantables au cours desquelles beaucoup de bons Français paient pour les mauvais.
Depuis quelques jours certaines arrestations ont été opérées qui montrent avec quel cynisme des jeunes gens qui se donnent comme superpatriotes sont prêts à tous les crimes.
La semaine dernière c'était une bande dont le chef est le fils du Greffier du Tribunal de Commerce, d'une famille honorable et des plus anciennes de notre ville. Avec lui, huit autres maquisards, (deux de nos poseurs de bombes de juin dernier, échappés de la prison de Neufchâteau environ, au su et au vu de tout le monde, dans une auto volée, avec mitraillettes, grenades et pistolets automatiques.
Presque chaque jour des arrestations ou "découvertes" de gens qui préparent les bombes et font sauter les voies, qui pillent les garages, les bureaux de tabac, les fermes, rançonnent les paysans, terrorisent toute une région. Là c'est un ingénieur agronome fils d'ingénieur ; ici un étudiant de Grenoble fils d'un percepteur, qui est chef de bande.
Ou bien c'est un gamin de 18 ans qui portait sur lui 8000 francs, reliquat des dix mille francs qu'il a reçus du maquis pour passer sa "permission". Ou encore c'est un autre gamin qui a la charge de "distribuer" quelques dizaines de milliers de francs !
Quand ces jeunes gens, si sympathiques aux gaullistes en viennent aux aveux plus graves et il faut dire qu'en général ils se "mettent à table" assez vite car ils savent qu'ils ne seront pas relâchés de sitôt, leurs indications corroborent et montrent le danger qu'ont ces messieurs du maquis de supprimer ceux qui passent pour être des forces de résistance ou des personnes en vue pour que leur assassinat soit marquant. Pas beaucoup de variantes dans ces listes de gens à supprimer : après le Chef de la Milice c'est mon nom et celui de mon fils qu'on lit immédiatement..."
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À propos de la vente
René Benjamin, le Balzacien du 20e siècle
Lieu de vente
Date
06/10/2026 à 14h00
Crédits photos : Contacter la Maison de ventes
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