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CHEREMETIEFF, Élisabeth Vassilevna (1885-1955). Ensemble de …
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CHEREMETIEFF, Élisabeth Vassilevna (1885-1955). Ensemble de …
Estimation 400 € - 600 €
Lot volontaire
Description
CHEREMETIEFF, Élisabeth Vassilevna (1885-1955).
Ensemble de deux journaux intimes écrits par la jeune
aristocrate, datant du 14 octobre 1898 au 31 mai 1900, réunis
en deux volumes de 464 pages et de 509 pages, in-4°, reliures
en carton réunies par une couverture en tissus, texte en russe.
Ces journaux contiennent des dessins, des fleurs séchées, des
photographies, des lettres, des illustrations et des collages divers.
Pliures, rousseurs, usures du temps en l’état.
Historique : La princesse épousera en premières noces, le prince Tcherkasski,
puis en 1919, le prince Wladimir Nicolaïévitch Obolenskiy (1865-1927).
Elle était la fille du prince Vassily Petrovitch Cheremeteff (1836-1893), de son
mariage avec Olga Dmitrievna Skobeleff (1847-1898), sœur du célèbre général
M. D. Scobeleff, n’acquirent trois enfants : la princesse Olga Vassilievna, future
princesse Kotchoubey, la princesse Marina Vassilievna, future princesse Gagarine
et le prince Pierre Vassilievitch Cheremeteff, sans enfant, à sa mort en 1916, la
branche des Cheremetieff de Nijni Novgorod Cheremeteff s’éteignit. Après la mort
de ses parents, Elisabethe et ses sœurs furent élevées par la famille de sa grand-mère
Martynoff. Le journal que nous présentons est le 5ème volume de ses écrits, il début
de septembre 1900 à janvier 1901 lorsqu’elle se trouve pensionnaire à l’institut
des Essorts à Montreux en Suisse), aujourd’hui appelé l’Institut Monte-Rose. Pour
la jeune fille de 13 ans, ce journal est très important pour elle, « Mettre toutes
mes pensées sur papier, c’est un énorme soulagement. ». Elle aime beaucoup relire
son journal : « Mon journal – ah, quel plaisir vraiment cela me fait de le lire ! ».
Connaissant probablement, le journal de Maria Bashkirtseff, publié en France
en 1887 et en Russie en 1893, son journal compte beaucoup pour elle, elle avoue
« je l’aime de tout mon cœur ». Loin des siens, de son pays et de sa famille, elle
confie à son journal à quel point elle a envie de rentrer à la maison. « Je suis prête
à pleurer dès que j’y pense, je pleure, je pleure. », « J’en ai marre du pensionnat.
Le lac Léman est comme un cauchemar, j’en ai tellement marre ! C’est toujours
la même chose ! » Elle admet pourtant que « la pension est magnifique et j’aime
beaucoup tout le monde. Mais j’en ai juste marre de la vie ici. Je veux rentrer à
la maison ! » Ella avoue qu’elle a quitté les Martynoff parce que leurs caractères
ne se correspondaient pas. Et maintenant il y a une telle tristesse ici ! » Dans ce
journal la princesse évoque ses moments heureux dans le domaine Znamenskoïe
près de Moscou, chez sa tante Vera Martynoff et dans le superbe château de ses
parents situé à Yourino, entouré de cette extraordinaire collection d’art que l’on
surnomme l’Ermitage de la Volga. La jeune fille n’a pas été épargnée par les
épreuves de la vie. Elle est devenue orpheline de père et de mère dès l’âge de 12
ans. Son journal devient son compagnon d’infortune auquel elle confie toutes ses
peurs et ses angoisses : « Ce soir, j’ai versé beaucoup de larmes. C’est dur d’être
une orpheline ! Même si mes oncles et tantes sont très gentils avec moi, il manque
quand même quelque chose. La mère ! ». Bien sûr, il y a aussi des moments
heureux et joyeux de la vie en pension : des promenades au bois de Chillon, des
sorties, des rencontres avec la parenté. Dans le journal nous rencontrons souvent
les noms des personnages importants qui marque sa vie : Vera Dmitrievna Kvitko,
née Martynoff, sa tante d’Ella et la proche amie de la princesse Youssoupoff ; la
princesse Olga Constantinovna Orloff, née princesse Belosselska-Belozerska, sa
cousine (la mère de la princesse Orloff était la sœur de la mère d’Elisabethe), le fils
de la princesse Orloff, le prince Nicolas Wladimirovitch Orloff, qui épousera par
la suite la fille du grand-duc Pierre Nicolaïévicth, la princesse Nadejda Petrovna.-25/10 / 1898 : « Aujourd’hui j’ai décidé de commencer mon nouveau journal.
Évidemment je ne peux pas encore l’appeler mon cher journal, puisqu’il n’y a pour
le moment aucun souvenir et qu’il n’est pas arrosé par mes larmes. Mais l’amour
pour mon journal viendra avec le temps ». -11/08/1898 : « Depuis combien de
temps elle endure ce méchant mari ! Et les coups ! Née princesse Ourousoff ! D’un
mari qui a perdu toute sa fortune aux cartes ! En plus, il dit des conneries sur
elle ! J’ai juste une pierre dans mon âme. » - 24/11/1898 : « Aujourd’hui, après
la leçon, j’ai remarqué que j’étais formée ! Déjà ! À mon âge ! » - « Nadia, Dima
sont partis avec ma tante au bal des enfants. Je me suis jetée dans le canapé de la
salle de classe, j’ai laissé libre cours à toute l’amertume qui s’était accumulée dans
mon âme. J’ai pleuré ma chère maman. » - 06/06/1898 : « Pour le centenaire de
l’anniversaire d’Alexandre Pouchkine, toute l’école et le village ont été décorés par
les drapeaux. Il y avait la messe à sa mémoire. Après la petite conférence sur la vie
du poète, tout le monde est parti planter les arbres dans la forêt. » - 04/06/1898 :
« Depuis longtemps, je n’ai rien écrit dans mon journal… La mère est comme
Dieu : elle est oubliée dans la joie, mais elle est appelée dans le malheur. C’est
la même histoire avec le journal. C’est le seul soulagement de ma vie morale. » -02/06/1898 : « Aide-moi, mon Dieu, donne-moi les leçons. C’est dur, très dur
d’être orpheline dans la maison étrangère. J’aurais préféré ne jamais naître. O,
ma chère maman ! Pourquoi tu ne m’as prise avec toi ! Je ne peux plus ! Mon
âme souffre tellement ! » - 08/06/1898 : « Aujourd’hui j’ai lu dans les journaux
que ma tante Zina (née, duchesse Leuchtenberg et sœur du célèbre général
Scobeleff) est décédée le 4 juin, le vendredi. Une sœur après une autre. J’avoue,
j’ai pleuré en sanglot. Je me suis sentie à nouveau à quel point je suis loin des
miens dans la famille absolument étrangère. Les Martynov ont accueilli eux cette
nouvelle avec indifférence complète. C’est compréhensible, mais très amer. Cela
m’a beaucoup affecté. » - 15/06/1898 : « Mon oncle a la même attitude pour
tous les enfants : pour les siens et pour nous. Cher oncle, tout change quand il est à
la maison. » - 17/06/1898 : « Pourquoi, ma chère Maman, tu es tellement loin
de moi, à Saint-Pétersbourg que je déteste tant. Pourquoi n’es-tu pas ici, dans la
nature, parmi les fleurs avec moi. Comme je voudrais prendre soin de ta tombe,
la décorer, arroser toute la terre sur ta tombe avec mes larmes ! » - 05/07/1898 :
« Je me suis transformée d’une beauté en moche, surtout les dernières semaines.
J’ai perdu mes yeux, mes beaux yeux bleus à cause des larmes ! Moi, la beauté,
j’ai été admirée et maintenant je suis devenue une frayeur. » - 13/07/1898 :
« Après déjeuner, le célèbre philosophe Wladimir Sergueïévitchyevitch Solovieff
est arrivé. Il est grand, mince, habillé de manière très décontractée, ses cheveux
ne sont pas coupés, moitié noirs, moitié gris. Le regard est perçant et extrêmement
génial. Ses yeux sont bleus, presque vert… Il a écrit son œuvre sur le bureau de
la tante. Peut-être, je saurai un jour son titre. » - 08/08/1898 : « J’ai découpé
le journal « Nouveau temps » et collé les dessins dans mon journal : la baignade
d’une Parisienne, qui ressemble à ma tante, mais avec les jambes plus courtes, et
sur l’affaire Dreyfus : ses défenseurs E. Demange et Laboré. » - 10 / 08/1898 :
« Aujourd’hui pendant la leçon, on a parlé du journal de Maria Bashkirtsev.
Quelle beauté, surtout les yeux ! Je suis ton admiratrice. O, comme je voudrais
avoir le visage de Maria Bashkirtsev ! »
Crédits photos : Contacter la Maison de ventes
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