Premium La Suite Subastas
28
-
École castillane. Vers 1600. "Ecce Homo
Sculpture en bois sc…
Voir la version originale (English)
28
-
École castillane. Vers 1600. "Ecce Homo
Sculpture en bois sc…
Voir la version originale (English)
Estimation 6 000 € - 9 000 €
Lot volontaire
Description
École castillane. Vers 1600.
"Ecce Homo
Sculpture en bois sculpté et polychrome.
124 x 70 x 40 cm.
Cet Ecce Homo assis, d'une qualité sculpturale remarquable, est une œuvre qui rappelle immédiatement la tradition des Christ sur la pierre froide d'origine hispano-flamande qui s'est répandue dans toute la Castille à la fin du XVe siècle. Malgré ses dimensions et l'intensité émotionnelle de l'iconographie, il ne s'agit pas d'une image conçue pour un usage processionnel, mais plutôt d'une sculpture de dévotion destinée à un retable ou à une chapelle, ce que confirme le fait que le dos n'a pas été sculpté.
Le Christ est représenté assis sur un tabouret à trois marches, une disposition qui permet aux pieds de reposer à des hauteurs différentes et de générer ainsi un subtil dynamisme de composition dans une scène marquée par une grande sobriété. La figure adopte une composition fermée et compacte, avec peu d'éléments dépassant du bloc sculptural, ce qui renforce le caractère introspectif du Christ. Ses bras, croisés au niveau de la poitrine, sont liés par une corde. Tandis que la main droite rassemble une partie de l'ample manteau qui enveloppe presque entièrement son corps, la position des doigts de la main gauche suggère qu'il tenait à l'origine le roseau, allusion à la proclamation moqueuse qui le désigne comme le "roi des Juifs", une référence encore renforcée par la couronne d'épines et le manteau lui-même. Les draperies, résolues par des plis larges, denses et lourds d'un volume sculptural prononcé, confirment que nous nous trouvons devant une œuvre appartenant au maniérisme romaniste.
La tête effectue un double tour - vers le bas et vers la droite - en dirigeant son regard suppliant vers le spectateur qui s'approche pour prier devant l'image, établissant ainsi un lien dévotionnel intense. Malgré le moment douloureux représenté, le visage du Christ n'est pas dramatique, mais exprime au contraire une expression retenue et sévère : il transmet la résignation, mais aussi la sérénité et la dignité. La couronne d'épines, taillée dans le même bloc, est formée de branches épaisses et tordues. Elle enserre étroitement le front, faisant couler des filets de sang sur le visage. Bien que la polychromie ne soit pas particulièrement sanguinaire, des traces de sang sont également visibles sur le torse et les jambes.
La chevelure est composée d'épaisses mèches serpentines présentant une certaine géométrisation. Le visage, allongé et aux traits marqués, présente des yeux ouverts peints directement sur le bois, tandis que les paupières et les poches sous les yeux sont modelées avec un remarquable naturalisme. Le nez a la forme d'un triangle isocèle, droit et allongé, avec des narines très marquées. La bouche, aux lèvres charnues et fermées, contribue à renforcer l'expression sobre de l'image. La grande moustache et la barbe, exécutées par des mèches frisées symétriques, révèlent une virtuosité technique notable tout en témoignant de l'appartenance au romantisme.
Compte tenu des caractéristiques stylistiques de l'œuvre, il ne fait aucun doute que nous sommes en présence d'un excellent exemple de maniérisme castillan exécuté vers 1600. Le maniérisme romaniste, ou plus simplement le romanisme, est une tendance du maniérisme qui s'est développée au cours du dernier tiers du XVIe siècle, son nom faisant référence à l'influence décisive des formes et des modèles de Michelangelo Buonarroti (1475-1564) et des cercles maniéristes romains qui se sont formés dans son sillage. Son introduction en Espagne s'est faite à travers le grand retable de la cathédrale d'Astorga (1558-1562) grâce à Gaspar Becerra (1520-1568). La sculpture romaniste se caractérise par son sens de la monumentalité et de l'intemporalité, ainsi que par des personnages à l'anatomie vigoureuse et corpulente adoptant des poses grandiloquentes. Dans cette œuvre, bien que beaucoup de ces caractéristiques soient encore clairement perceptibles, certains échos naturalistes peuvent également être discernés, ce qui adoucit la grandiloquence caractéristique du romanisme.
Nous remercions Javier Baladrón, docteur en histoire de l'art, pour le catalogage de cette œuvre.
Foto ©️ Joan Tomás
Voir la version originale (English)
Ce contenu a été traduit de manière automatique. Seule la langue d'origine fait foi.
À propos de la vente
Sculpere et Pingere. L'âme dans l'atelier.
Lieu de vente
Date
04/06/2026 à 19h00
Description du lot modifiée le 28/05/2026 à 12h26
Crédits photos : Contacter la Maison de ventes
Vous aimerez aussi