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Nouvelle école espagnole ou école vice-royale. Fin du XVIIe …
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Estimation 6 000 € - 10 000 €
Lot volontaire
Description
Nouvelle école espagnole ou école vice-royale. Fin du XVIIe siècle - début du XVIIIe siècle.
"Portrait de la reine Mariana de Neubourg portant La Peregrina
Huile sur toile.
168 x 111 cm.
Important portrait de cour représentant la reine Mariana de Neubourg (1667-1740), seconde épouse de Charles II d'Espagne, vêtue d'une riche robe de cérémonie et ornée d'une extraordinaire profusion de perles, symboles de pouvoir, de légitimité dynastique et de raffinement courtois. Le souverain est représenté assis sur un fauteuil d'État, tenant délicatement une fleur, dans une composition au caractère représentatif prononcé visant à affirmer la dignité royale et la continuité de la maison d'Autriche au cours des dernières années du règne de Charles II.
Le tableau s'inscrit pleinement dans la tradition du portrait développée dans les territoires vice-royaux hispaniques entre la fin du XVIIe et le début du XVIIIe siècle, profondément influencée par les modèles de cour espagnols diffusés de Madrid à la Nouvelle-Espagne et aux Amériques. La composition présente des affinités évidentes avec les portraits officiels issus du cercle de Juan Carreño de Miranda et avec les portraits de cour espagnols du baroque tardif, ici réinterprétés avec le raffinement ornemental et chromatique caractéristique de la sensibilité néo-espagnole.
Une importance particulière est accordée aux somptueux vêtements de la reine, conçus presque comme une exaltation visuelle du luxe de la cour. La splendide robe noire brodée d'or, les tons chair nacrés, les délicates garnitures de dentelle blanche et, surtout, la spectaculaire jupe cramoisie richement décorée de motifs dorés, un dispositif d'un grand effet scénographique et clairement caractéristique de la peinture vice-royale, sont particulièrement remarquables. La richesse matérielle et la complexité décorative de l'ensemble démontrent l'intérêt des ateliers de la Nouvelle Espagne pour la représentation minutieuse des textiles, des bijoux et des objets somptueux.
L'allusion possible à la célèbre perle connue sous le nom de La Peregrina, l'un des joyaux les plus emblématiques de la couronne espagnole et un symbole dynastique des Habsbourg, est particulièrement intéressante. Historiquement associée aux portraits des reines espagnoles depuis le XVIe siècle, sa présence renforcerait la nature légitimante et cérémonielle de l'image. Dans ce contexte, la représentation de Mariana de Neubourg transcende le simple portrait de cour pour devenir une affirmation visuelle de la majesté et de la continuité monarchique dans les territoires d'outre-mer de l'Empire espagnol.
Le tableau révèle également plusieurs caractéristiques typiques de la Nouvelle peinture espagnole de haut niveau : le goût pour les surfaces lustrées, l'élégance linéaire du dessin, la frontalité sereine de la figure et la combinaison distinctive de la solennité courtoise et de la sensibilité décorative. Tous ces éléments placent l'œuvre dans la production de portraits vice-royaux probablement destinés à des contextes institutionnels, nobles ou administratifs liés à la représentation symbolique du pouvoir royal dans les Amériques.
Par sa qualité, ses dimensions et son exceptionnelle présence visuelle, ce portrait constitue un exemple remarquable de la diffusion et de la réinterprétation des modèles dynastiques espagnols dans la sphère artistique de la Nouvelle Espagne pendant la transition entre le XVIIe et le XVIIIe siècle.
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À propos de la vente
Sculpere et Pingere. L'âme dans l'atelier.
Lieu de vente
Date
04/06/2026 à 19h00
Crédits photos : Contacter la Maison de ventes
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