Description
MERMOZ Jean
MANUSCRIT autographe signé, Composition Française. Une alerte, [1918] ; 4 pages petit in-4.
Récit d’une alerte aérienne, devoir de composition française, en classe de « Seconde D ». Le professeur a porté à l’encre rouge la note et son appréciation : « Bon devoir – vif, alerte. Vous réussirez certainement très bien ».
Mermoz raconte une alerte aérienne, un beau soir d’été. Il est réveillé dans son premier sommeil par les sirènes : « les Gothas approchent ; c’est bien le chant des sirènes, non le chant languissant des personnages fantastiques des contes de fées, mais plutôt les hurlements et les sifflements des furies dont nous parle Eschyle dans l’Orestie. Ces hurlements lugubres vous donnent un peu froid à l’âme. Ils font penser à des chiens qui hurlent à la mort ». Tout l’immeuble descend se réfugier dans la cave. « Pour moi, je reste, non par bravade, mais je suis fataliste et en même temps très curieux, comme tous les jeunes gens de mon âge ». Par sa fenêtre, il regarde le ciel, constellé des tirs de barrage ; les bombes tombent… « La fusée rouge d’un aéroplane sillonne l’air, éclate, et illumine la masse sombre des maisons. Une bombe tombe. Un immense faisceau de lumière fouille le ciel, suivi de plusieurs autres. Tous se croisent et s’entrecroisent, parcourent le ciel en tous sens. […] Là-haut, c’est toujours la lutte, la lutte aveugle dans l’infini »… Les cloches qui sonnent la fin de l’alerte le font penser à la messe de Minuit ; il se recouche et s’endort : « Les Gothas se sont évanouis de ma pensée en même temps qu’ils disparaissent de Paris. Demain, j’y repenserai forcément pour les maudir en apprenant leurs crimes ».
Provenance : - Jean Mermoz (1901-1936) ;
- Gabrielle Gillet-Mermoz (1880-1955) ;
- Puis dans la famille par descendance
Crédits photos : Contacter la Maison de ventes
Vous aimerez aussi