Description
MERMOZ Jean
23 L.A.S., janvier-septembre 1921, à sa « chère Petite Maman » ; 79 pages in-8 ou in-4, quelques en-têtes de l’École d’Istres (2), d’un café d’Istres, du Foyer du Soldat, une adresse (bords effrangés à la dernière).
Belle correspondance lors de son apprentissage de pilote militaire.
Istres. Il va commencer ses épreuves de brevet : « Je fais ma spirale officielle, hélice calée : descente de 2000 m sans moteur », et une fois le brevet obtenu, il va demander à Max [Delty, chanteur d’opérette, ami de sa mère] de le pistonner pour son affectation soit « en occupation où la discipline est très sévère et où l’on ne vole pas beaucoup ou bien au Levant » (30 janvier). Il obtient son brevet le 9 février : « Te dire ce qu’il m’a fallu de ténacité pour vaincre les difficultés sans nombre et les embûches que m’ont tendues les éléments et la fatalité, ce serait inutile. Le découragement ne m’a pas atteint une minute et c’est ce qui a fait ma réussite » (18 février). Il roule « sur Nieuport et sur Morane. Ces petits avions de chasse me changent du pacifique Caudron », mais il s’embête de ne rouler qu’au sol : « La fièvre de l’Air et de l’Aviation me tient bien. C’est le supplice de Tentale » (20 février). Il lui manque 14h35 de vol pour partir en escadrille (27 février)…
Metz-Frescaty [le caporal Mermoz y a été affecté à la 7e escadrille du 11e régiment de bombardement]. « Me voici enfin en escadrille » (11 mai) ; il supporte mal le régime très militaire ; il vole peu et les permissions sont rares. Il s’est porté volontaire pour le Levant, et s’est renseigné sur la solde, le climat : « On est nommé sous-off en arrivant. En plus de cela beaucoup de considération parce que l’on a besoin de toi. Tu es indispensable ». Il tente de convaincre sa mère et attend la réponse avec impatience. « Je remplis en ce moment les fonctions de sous-off de semaine, ce qui me donne un boulot formidable » (26 juin).
Enfin, il quitte Metz pour Pont Saint-Esprit d’où il doit partir pour Beyrouth, « de là je serai affecté dans une escadrille soit en Palestine, soit en Syrie » (août). Il embarque enfin à Marseille sur le Styria, un cargo autrichien, seul pilote parmi 69 soldats et 350 mulets, et, quittant la France, il redit son amour à sa mère : « tu es ma seule et grande affection vraie ; si je t’ai fait du mal le sachant parfois, mais plus souvent ne le sachant pas, pardonne-moi dans le plus profond de ton cœur. Malgré tout, je suis un grand gosse et quelques [sic] sont les gosses qui ne font pas un peu de mal à leur mère ? », et il la rassure sur ses rapports avec les femmes : « Il n’existe aucun lien aucun trait d’union entre le sentiment et le tempérament. C’est ce que beaucoup comprennent très rarement » (Marseille, Camp Sainte-Marthe, 8 septembre)…
On joint une carte postale a.s. du Styria – Paquebot interallié, disant à sa mère toute sa tendresse « au moment d’embarquer », 9 septembre, et une autre carte du Styria vierge accompagnée d’un billet autographe (2 p. in-12), la priant de lui envoyer son carnet de vol et son livret militaire qu’il a oubliés, et évoquant son jeune ami Fernand Delty.
Provenance : - Jean Mermoz (1901-1936) ;
- Gabrielle Gillet-Mermoz (1880-1955) ;
- Puis dans la famille par descendance
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