Description
MERMOZ Jean
L.A., Palmyre 15 mars [1922], à sa « Maman chérie » ; 6 pages in-8.
Récit d’un incident.
En revenant de larguer un message sur Homs, avec son lieutenant observateur, ils ont été surpris par le mauvais temps. « Nous avons volé jusqu’à épuisement complet d’essence pendant 4 heures, pour aller finalement atterrir à 180 km environ de Palmyre dans le bled. Nous sommes tombés à proximité de deux tribus, l’une amie, l’autre hostile. Le lieutenant est parti en chameau prévenir Palmyre et me faire envoyer de l’essence. Pendant quatre jours je suis resté à la garde de l’appareil avec deux Bédouins parce que la tribu ennemie voulait démolir le “tayera” (l’avion). Je couchais sous les plans dans ma combinaison fourrée, je vivais de couscous (c’est fameux, tu sais), de lait de chameau et de figues. […] Je commençais à désespérer […] Enfin le cinquième jour, mon mécano arrive avec un guide, des méharistes, de l’essence. Le plein fait nous décollons et je file sur Palmyre. Arrivé au-dessus des montagnes, d’où je commençais à voir Palmyre, mon moteur commence à baisser, à chauffer, des flammes sortent, puis il s’arrête. J’étais à 1800 mètres ; je repère un terrain, je descends hélice calée ; enfin je me pose. Naturellement panne irréparable. De plus, dépannage impossible de l’avion, étant en pleine montagne. Je n’avais pas bu d’eau depuis trois jours et la soif me tenaillait un peu. Je m’oriente et nous commençons par laisser le taxi désormais inutile. Parti avec mon mécano à 3 heures de l’après-midi, marchant presque toute la nuit, me guidant tant bien que mal, nous sommes arrivés exténués le lendemain à 1 heure à Palmyre après environ 60 km de marche dont 40 en pleine montagne toute la nuit et 20 de bled. Comme tu vois, avec de la volonté on s’en tire toujours »…
Provenance : - Jean Mermoz (1901-1936) ;
- Gabrielle Gillet-Mermoz (1880-1955) ;
- Puis dans la famille par descendance
Crédits photos : Contacter la Maison de ventes
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