Description
MERMOZ Jean
7 L.A.S. « Jean », octobre 1924 et s.d., à sa « Maman chérie » ; 21 pages in-8 ou in-4 (un bord effrangé à la 2e lettre).
Son entrée chez Latécoère.
Jeudi [9]. Il a passé sa visite médicale ; les docteurs l’ont félicité « pour ma constitution qui paraît-il peut faire une longue carrière dans l’aviation… Si je ne me casse pas la gueule. J’ai cinq litres quatre de capacité pulmonaire et on m’a affirmé que je pouvais battre des records d’altitude. Enfin ça a gazé ». Il passe son brevet samedi : « L’examen est long et assez dur parce qu’il faut que je me mette dans le crâne toutes les loies sur la navigation aérienne. Enfin Dimanche ou Lundi je compte être à Toulouse. […] J’écris à Latécoère pour annoncer ma prochaine arrivée »… – Lundi 13. Arrivé le matin à Toulouse, il s’est rendu aussitôt chez Latécoère ; le directeur lui a dit « que je commençais à m’entraîner demain sur les types d’appareils en circulation sur la Ligne en attendant qu’il se soit assuré pour lui et pour moi. La compagnie s’assure elle-même pour les pilotes paraît-il. De cette façon elle peut payer les frais en cas d’accident. Je voudrais cependant quitter Toulouse, parce que tant que l’on n’est pas affecté sur une étape, on ne touche qu’un fixe de 650 fr. Enfin j’espère que ça ne tardera pas. Je suis descendu à l’Hôtel où logent tous les pilotes de passage ici. […] Si les débuts sont durs, tant pis. Je me sens le courage de tout surmonter, et avec un peu de chance, tout ira certainement bien »… Il donne son adresse aux « Lignes Latécoère ». – [15]. « J’attends de tes nouvelles avec impatience. Il est vrai qu’il n’y a que trois jours que je suis là. Le temps m’a semblé un peu long, ne connaissant personne en arrivant ; maintenant ça va mieux […] Je pense commencer mon entraînement demain. En même temps nous faisons un stage aux ateliers de montage des avions et des moteurs. Je ne pense pas faire le voyage Toulouse-Casablanca pour reconnaître la ligne avant la fin du mois ; ce voyage terminé je serai sur le point d’être affecté sur une étape. Il faut de la patience mais j’en ai de réserve. On nous met à l’épreuve exprès en arrivant ; une fois casé sur une étape c’est la bonne vie et j’ai eu confirmation par le Directeur lui-même des gains dépassant 3.000 fcs par mois »… – 18. Il touche 850 F par mois : « Or j’en toucherai un peu plus de la moitié puisque je suis arrivé le 13 et si le mois prochain je fais Toulouse Casablanca et deux ou trois étapes, j’y arriverai facilement. […] J’ai accompli deux vols hier. Ça a bien marché ; aucune appréhension, le calme le plus absolu. Je ne me suis pas aperçu qu’il y avait près de six mois que je ne m’étais assis dans un zinc. Ça m’a fait un plaisir ! »… – Mardi 21. Il est « aux ateliers de montage des moteurs en ce moment, dans l’huile toute la journée. Je crois savoir pourquoi on nous fait faire ce travail avant de partir : nous allons probablement ouvrir les étapes sur Casablanca-Dakar qui va ouvrir d’ici peu et comme nous n’aurons pas de mécaniciens dans les débuts, tant que durera l’installation, il faudra faire tout par nous-mêmes. D’ailleurs ça m’apprend un tas de choses inconnues pour la plupart ; ça ne me fait pas de mal »…
[Dimanche]. « J’ai pas mal de travail en ce moment. Je suis dans les ateliers du matin au soir. Je m’intéresse beaucoup à la construction et à un tas de choses que j’ignorais. J’ai accompli huit vols d’essai. Ça a bien gazé. Je suis le troisième à partir pour le voyage de reconnaissance Toulouse-Casablanca. Ça ne tardera donc plus maintenant »… – Mardi. « Je pars à Casablanca […] Je vais être huit ou dix jours parti. Ne t’en fais pas pour moi ; je t’écrirai plusieurs fois. Après je pourrai voir l’avenir plus en rose parce que je ferai quelques étapes Toulouse-Barcelone payées »…
Mardi.
Provenance : - Jean Mermoz (1901-1936) ;
- Gabrielle Gillet-Mermoz (1880-1955) ;
- Puis dans la famille par descendance
Crédits photos : Contacter la Maison de ventes
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