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un lot de trois vieux papiers comportant des inscriptions manuscrites
Premium Artcurial

88 - MERMOZ Jean

Estimation 4 000 € - 5 000 €
Description
MERMOZ Jean 6 L.A.S. « Mermoz » (4) ou « Jean » (2), Barcelona janvier-juin 1925, à ses grands-parents GILLET ; 12 pages in-4 et 4 pages in-8, en-têtes de la Nueva Pensión Frascati. Sur les lignes espagnoles, de Barcelone à Casablanca. 25 janvier. Il s’est installé à Barcelone : « Je m’y trouve très bien car c’est une très jolie ville. Je vole beaucoup, enfin tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes. Je suis dans une pension à 10 pesetas par jour, ce qui fait environ 27 fcs ; le patron est italien, la patronne française, le chef cuisinier corse, les bonnes espagnoles, portugaises et allemandes ; […] c’est la pension la mieux et la moins chère de Barcelone […] J’ai un jour de repos en moyenne sur trois. Nous ne connaissons ni Dimanches, ni jours de fêtes, mais peu importe. Je pars le matin à 10 h et demie avec le courrier qui arrive de Toulouse ; je vais jusqu’à Malaga où j’arrive à cinq heures et demie le soir après arrêt à Alicante pour changer d’avion, c’est-à-dire environ 1000 km en 6h1/2 à 7 heures de vol dans la journée par temps normal. Je rentre le lendemain et refais le même trajet avec le courrier qui remonte de Casablanca, le troisième jour, je me repose si possible. C’est assez fatigant parce qu’il faut partir et arriver par n’importe quel temps. D’ailleurs, ce n’est pas au-dessus de nos forces quand on connaît bien et quand on aime bien son métier. La nourriture espagnole n’a qu’un défaut, c’est d’être faite à l’huile, mais elle est copieuse et l’estomac s’y habitue assez facilement »... 23 février. Depuis huit jours, ils n’étaient plus que deux « pour accomplir tout le service, régulièrement 2 voyages Barcelone, Alicante, Malaga soit douze cents kilomètres en 6h1/2 ou 7 heures de vol chaque jour. De plus, nous sommes dans les deux plus mauvais mois de l’année : tempêtes, rafales de vents ne nous épargnent pas et quand on est tout le jour en l’air, on lutte continuellement avec les éléments, on est heureux en arrivant de trouver un lit et de dormir et je vous assure que je dors bien avec la satisfaction du devoir accompli. Je me porte bien, je mange toujours comme quatre, ce qui ne me fait pas grossir, car il faut bien remplacer la fatigue. Les moments durs que nous traversons me font trouver les moments de calme de repos bien meilleurs, ce qui fait que je suis toujours gai. […] Mon port d’attache est toujours Barcelone et il le demeurera probablement une partie de l’année, peut-être toute l’année, quoique Dakar va ouvrir dans un mois ou deux et il est plus que probable que j’aille faire un stage sur la nouvelle ligne à Agadir ou à Cap-Juby »… 17 mars. « Le service a été complètement désorganisé ces jours-ci. La tempête qui sévit avec rage depuis une dizaine de jours avait bloqué neuf courriers à Tanger ; nous sommes restés trois pour assurer la liaison Barcelone-Alicante-Malaga et j’ai fait jusqu’à trois étapes c.à.d. 10 heures de vol dans ma journée dans des conditions atmosphériques que je n’ai jamais rencontrées durant mes cinq années d’aviation. Enfin, tout a été pour le mieux puisque tous les courriers durant cette période ont été accomplis régulièrement sans incidents et accidents, pour moi du moins »…. 13 avril. Il déplore la mauvaise tenue du franc : « Il faudrait un miracle pour relever notre situation financière, et je ne vois pas beaucoup d’hommes capables en ce moment de le faire naître. Je me demande où nous allons. […] Toujours énormément de travail. Je ne quitte plus pour ainsi dire quotidiennement le siège de ma “voiture”. J’ai passé ma journée de Pâques entre 500 et 2.000 mètres d’altitude de Malaga à Barcelone, de 9 h. du matin à quatre heures du soir et la veille également de Barcelone à Malaga. J’ai eu l’occasion d’assister à une procession à Malaga. Je n’ai pu dormir de la nuit tant il y avait de remue-ménage et de hurlements poussés par les pénitents en cagoule, à moitié ivres. Bizarre façon de fêter un Vendredi Saint, le jour de la Passion, c’est excessivement pittoresque, grandiose même »… 18 mai. Il n’aura pas de permission avant octobre. Il s’est aperçu que la Compagnie surveille le courrier des pilotes… « Je travaille toujours beaucoup ; je ne me sens pas trop fatigué parce que ma vie est bien réglée ; il le faut si je veux faire de vieux os dans l’aviation. Je gagne pas mal d’argent, le mois dernier 4.500 fcs ! »… 3 juin. Il rentre de Casablanca. Son congé est retardé. « C’est qu’on ne chôme pas en ce moment. Je me suis payé un petit voyage d’au moins 1500 km. dans la même journée : Barcelone, Alicante, Tanger, Casablanca le 30, et je suis remonté le lendemain jusqu’à Barcelone, 9 heures ½ de vol dans ma journée ». Il déplore la précarité du franc, et le change : « Le principal est que la paix extérieure nous soit donnée ; quand on travaille en sécurité, l’effort à fournir n’est rien. Pour moi, je ne me plains pas. Ça gaze toujours et je me souhaite une longue carrière dans l’aviation ». Amusants détails sur sa bande d’amis à la pension… Correspondance, nos 35, 42, 45, 46, 54, 56 Provenance : - Jean Mermoz (1901-1936) ; - Gabrielle Gillet-Mermoz (1880-1955) ; - Puis dans la famille par descendance
À propos de la vente Souvenirs Historiques
Lieu de vente
Date 03/11/2026 à 11h00
Crédits photos : Contacter la Maison de ventes
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