Description
MERMOZ Jean
L.A.S. « Jean », Casablanca 31 décembre 1926, à ses grands-parents GILLET ; 2 pages in-4 à l’encre bleue.
Il a regretté de ne pas être en famille pour fêter Noël : « Pour moi je suis rentré le 24 à Casa ; j’ai pu y faire le réveillon entre camarades et puis il m’a fallu repartir deux jours après et suis rentré de Juby aujourd’hui matin. […] Que 1927 soit pour vous une année calme exempte de tous soucis matériels, je ne dirai pas moraux, moi-même en étant un constant pour vous. Puisse l’affection profonde que je vous porte être un régénérateur assez puissant pour vous conserver à moi et à tous ceux qui vous aiment et que vous aimez. J’espère que cette année me donnera bientôt le bonheur de vous revoir ; je compte aller pour les beaux jours en France, en prévision d’un changement certain dans mes occupations, devant partir en Amérique du Sud ou en Europe selon les événements. Je vois que l’Hiver est rude en France. Nous en sentons également les rigueurs, moindres naturellement ici. Nous avons eu une tempête de grêle de deux jours à Casa. Il y a eu vingt centimètres de neige à Fez, chose dont on n’a aucun souvenir depuis X années ! Je suis allé à Alicante l’autre jour. Jusqu’à Gibraltar, des tempêtes de neige. L’Espagne est toute blanche et les Espagnols en sont fraîchement ébahis. Je ne me souviens pas avoir eu aussi froid en presque 6 ans d’aviation que ce jour-là. Je me porte comme un charme et le moral est toujours le même. Je viens de boucler mes 2.000 heures de vol et 210.000 km. depuis mon entrée à la ligne, un peu plus de cinq fois le tour du monde de Décembre 24 à Décembre 26. Je reste encore deux mois sur Dakar. On nous donne du matériel neuf. Il a fallu trois morts pour que la Société de Navigation Aérienne s’émeuve et oblige la compagnie à nous donner du neuf. Je pense que nous courons moins de risques maintenant. Je me suis armé d’un solide revolver pour tâcher de descendre à Juby les Maures qui ont tué nos camarades et qui rôdent là-bas autour du fort. De plus si je tombe dans le bled, j’aurai au moins la satisfaction de ne pas me laisser tirer comme un lapin »…
Correspondance, n° 102.
Provenance : - Jean Mermoz (1901-1936) ;
- Gabrielle Gillet-Mermoz (1880-1955) ;
- Puis dans la famille par descendance
Crédits photos : Contacter la Maison de ventes
Vous aimerez aussi