Description
MERMOZ Jean
L.A.S. « Mermoz », Casablanca 14 juin 1927, à sa « Maman chérie » ; 2 pages in-4 et 2 pages in-8 à l’encre bleue (lég. mouillure).
Recherche de la dépouille d’Érable.
Après avoir évoqué des comptes et problèmes d’argent, il annonce : « Dès que j’aurai roulé encore un tout petit peu, en Amérique et en Perse, je me fixerai à Paris soit sur Paris-Londres, soit à la Maison Bréguet où Denain m’a proposé de me faire entrer et cette fois tu viendras demeurer avec moi, parce que tu sais, je ne tiens pas du tout à me marier. L’aviation est une maîtresse suffisante pour moi. […] le Colonel Denain va me présenter chez Bréguet, Pothez et Renault, pendant mon congé, pour me faire donner un appareil de raid pour l’année prochaine. Quelle veine ! […] J’aurais voulu aller passer quelques jours à Lille pour le meeting. J’ai fait une demande mais malheureusement, deux pilotes de Dakar remontent pour cause de mauvaise santé et l’on m’a dit qu’il était dommage, de ce fait, que le meeting soit en Juin. Pour l’Amérique, les chefs d’Aéroplace commencent à partir pour installer les terrains et les hangars. Je serai fixé sur mon compte avant de partir en congé. Je voudrais bien aller le plus tôt possible. Parce que après il y aura Paris-Téhéran et j’espère y aller »…
Il a pu obtenir pendant son séjour à Juby « l’autorisation d’aller chercher les restes de notre malheureux camarade Érable tué avec Gourp et du mécanicien Pintado. Six fois cette autorisation m’avait été refusée par le Gouverneur de Juby. J’ai emmené deux Maures avec moi et me suis posé seul à l’endroit où se déroula le drame. Malheureusement, depuis sept mois, les corps pas enterrés étaient devenus la proie des chacals et des hyènes qui abondent et je n’ai retrouvé que l’emplacement avec des débris d’ossements. Simplement j’ai retrouvé les cheveux d’Érable une de ses chaussettes et un morceau de sa chemise, puis les Maures survenant je n’ai eu que le temps de redécoller en vitesse. Je vais envoyer aujourd’hui les quelques reliques que j’ai pu trouver à sa mère. Elle aura toujours un peu de lui. On m’a un peu attrappé pour la forme, d’avoir risqué inutilement, mais c’était une chose que j’avais à cœur depuis trop longtemps »….
Correspondance, n° 116.
Provenance : - Jean Mermoz (1901-1936) ;
- Gabrielle Gillet-Mermoz (1880-1955) ;
- Puis dans la famille par descendance
Crédits photos : Contacter la Maison de ventes
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