Description
MERMOZ Jean
L.A.S. « Mermoz »,7 juin 1928, à ses grands-parents GILLET ; 2 pages in-4 à en-tête de la Compagnie générale aéropostale.
Expansion de l’Aéropostale en Amérique du Sud.
Il n’arrête pas : « Toujours en route de B. Aires à Rio de Janeiro, des vols chaque semaine dans la Cordillière des Andes pour notre ligne du Chili, dont je vais initier le 1er courrier officiel les premiers jours du mois prochain, des préparations de terrains d’atterrissages entre temps, des mises au point d’avions nouvellement reçus. Bref, je vois avec plaisir arriver rapidement la date de mon congé que je n’aurai pas volé et qui va me donner le bonheur de vous revoir.
Voici l’hiver terminé pour vous et commençant pour nous. Les voyages durs l’été redeviennent plus laborieux encore à cette saison. Nous fonctionnons avec une régularité parfaite 7 jours et demi de voyage de B. Aires en France, mais nos bateaux qui font encore la traversée de l’Atlantique ne répondent pas à notre besoin de rapidité. Nous travaillons durs la question hydravions et il se pourrait que d’ici trois à quatre mois, je fasse la première traversée postale de l’Atlantique. Le Directeur Général, M. Daurat vient d’arriver de Toulouse, m’a causé de mes projets de raid et m’a annoncé que Latécoère préparait un avion que l’on me confierait pour essayer de faire Toulouse-B. Aires sans escale dès que les raids seraient autorisés. En cas de succès on me laisserait faire Paris-New York. Puis un voyage en hydravion de Marseille à Rio de Janeiro. Mes projets sont devenus les leurs, tant ils ont confiance en mon étoile, et j’en suis heureux.
Maintenant, dès que l’on aura donné suite à mes projets, on m’a demandé de promettre d’accepter un poste de Directeur d’Exploitation d’un des tronçons des lignes existantes d’ici dix-huit mois. J’ai consenti en principe. J’approcherai de la trentaine, peut-être me marierai-je ?? et j’aurai une belle situation stable, qui me laissera quand même des loisirs pour piloter comme il me plaira. Je ferai un stage d’un mois après mon congé à Toulouse pour m’initier aux mystères des rouages de l’exploitation d’une ligne aérienne dont je n’ignore que le côté commercial. Mon expérience me suffit pour le reste. De toutes façons, ce serait pour l’étranger, je ne sais où, peut-être ici où je suis connu ».
Le comte de Vaulx l’a proposé pour la rosette : « Vu mon âge, elle ne me serait donnée que l’année prochaine. Mais Monsieur Bouilloux-Lafont y tient, alors... »
Sa mère va s’installer à Lille. « C’est que je ne me vois pas sur le point de rentrer définitivement en France. D’abord, les lignes d’aviation nouvelles se créent maintenant vers l’Extrême-Orient et l’Extrême Sud et au point de vue traitement, je ne pourrais me résoudre à gagner trois ou quatre mille francs par mois. D’après ce que me dit Maman, la vie est extrêmement chère ». Il peut mettre de côté 10 à 12 000F par an : « Quelle situation me permettrait cela en France, actuellement, à 27 ans ? »…
Correspondance, n° 140.
Provenance : - Jean Mermoz (1901-1936) ;
- Gabrielle Gillet-Mermoz (1880-1955) ;
- Puis dans la famille par descendance
Crédits photos : Contacter la Maison de ventes
Vous aimerez aussi