Description
MERMOZ Jean
L.A.S. « Ton Jean », Buenos Aires 6 septembre [1928], à sa « Maman chérie » ; 2 pages et demie in-4 sur papier Aeroposta.
Il lui a écrit et envoyé un chèque télégraphique… « Maintenant trois courriers successifs provenant des avisos en panne dans l’Atlantique ont été pris par les Maures. Sur 350 kgs il y en a eu 12 kgs de récupérés seulement »… Il ne faut pas qu’elle doute de sa profonde tendresse : « Ma petite Maman, l’absence ne creuse rien entre nous… […] seulement je suis loin… très loin et je ne puis t’écrire souvent comme je le désirerais. L’Amérique n’est pas encore sillonnée de vols de communications comme en Europe. Quand je suis au Chili par exemple en voyage d’études je n’ai d’autre moyen de liaison que mon avion. Je vais peut-être partir pour le Pérou et la Bolivie. Eh bien pendant un mois ou un mois et demi, je ne pourrai t’écrire. […] Mon rôle ici est d’être toujours en route… naturellement... cela m’impose souvent des négligences ou des impossibilités auxquelles je ne puis me soustraire. Mais quant à ce que mon affection pour toi puisse diminuer parce que je suis loin, cela non… […] je t’aime comme par le passé... absolument... »
Il conseille à sa mère de s’installer provisoirement à Lille en attendant son retour. « De toutes façons, j’irai certainement en France fin octobre commencement novembre pour faire mes essais d’appareils. J’y resterai au moins un mois. Ainsi j’aurai le temps de t’installer. Si je faisais mon raid vers cette date et vers Buenos Aires, je te ferais venir ici au même moment ; mon congé de quatre mois m’étant accordé pour Mars, nous retournerions ensemble en France... Et puis de cette façon tu ferais la connaissance de ma fiancée et de sa famille qui retournent en Europe à la même époque. […] J’ai causé au père qui ne demande pas mieux à condition que je fasse un peu moins d’aviation, et que je ne vole plus obligatoirement. Dans un an je ne demanderai pas mieux... puisque je pourrai accepter une situation, mes ambitions aéronautiques étant réalisées. Enfin, tout est arrangé [...]
Ma petite maman chérie, il faut avoir foi en l’affection de ton fils… vois-tu et pardonne-lui tout le mal qu’il t’a encore fait involontairement »...
Correspondance, n° 146.
Provenance : - Jean Mermoz (1901-1936) ;
- Gabrielle Gillet-Mermoz (1880-1955) ;
- Puis dans la famille par descendance
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