Description
MERMOZ Jean
L.A.S. « Jean », Buenos Aires 20 septembre [1928], à sa « Maman chérie » ; 2 pages in-4 sur papier Via Aéropostal.
Nouvelles lignes vers l’Uruguay.
Il lui a envoyé de l’argent par mandats télégraphiques, chers mais pratiques : « J’ai placé mon argent en compte à un an, à 6 %. La Compagnie me retient, sur mes appointements chaque mois, à Rio, la somme que j’ai décidé de mettre de côté régulièrement. Cela m’évite un tas de complications avec mes déplacements trop fréquents, mais je ne puis toucher avant la fin du délai fixé à cette somme. Aussi je t’envoie cet argent sur la somme que je touche, assez irrégulièrement d’ailleurs, puisque je suis rarement plus de quinze jours par mois à B. Aires. Dès que j’arrive, je t’expédie un chèque télégraphique »…
Il est « dans l’expectative. J’ai tellement de pain sur la planche ici que l’on retarde sans cesse pour m’expédier. Je vais commencer les voyages vers la Patagonie et Terre de Feu. Et puis je suis chargé de l’installation de nouvelles lignes en Uruguay. Je dois faire une présentation du nouvel appareil Latécoère de 12 passagers dans les diverses capitales d’Amérique du Sud. Sur cet appareil, je vais faire tous les essais en charge ici au lieu de les faire en France en vue du raid que je compte faire. Si les résultats sont concluants comme je le pense, je partirai immédiatement, ma tâche terminée. Compte sur moi sans y compter trop rapidement. […] Je suis un peu fatigué en ce moment après un effort de deux ans sans trêve aucune... mais enfin je ne m’en porte pas plus mal pour cela. Je suis solide au poste », sauf un ver solitaire qui le fatigue un peu…
Il espère que le séjour à Royat a été bénéfique pour sa mère… « Je vais me renseigner si le climat de B. Aires ne peut te faire mal, parce que de toutes façons je voudrais que tu viennes y passer quelque temps soit cette année (je l’espère), soit l’année prochaine après mon congé »...
Elle va avoir la visite du grand-père de « ma petite Gilberte » [sa fiancée Gilberte Chazottes] : « Il est d’ailleurs charmant comme vieillard, tu verras, et a beaucoup d’affection pour moi. Alors, il te parlera de tout, enfin... vous parlerez... Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes... les parents sont charmants avec moi également, et je suis heureux »...
Il ne faut plus qu’elle soit triste : « l’éloignement ne creusera jamais de fossé entre nous. […] Je t’aime toujours de la même façon. L’existence quelle qu’elle soit ne pourra jamais nous éloigner l’un de l’autre moralement... jamais... Elle nous sépare provisoirement, mais plus tard... même marié... lorsque je serai stabilisé, je ne veux plus que tu vives aussi loin de moi... tu verras... ma petite Maman. Je t’aime bien fort, bien tendrement, maman chérie, et t’embrasse comme je t’aime, de toute mon âme ».
Correspondance, n° 147.
Provenance : - Jean Mermoz (1901-1936) ;
- Gabrielle Gillet-Mermoz (1880-1955) ;
- Puis dans la famille par descendance
Crédits photos : Contacter la Maison de ventes
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