Description
MERMOZ Jean
L.A.S. « Ton Jean », Buenos Aires 6 janvier 1929, à sa « Maman chérie » ; 3 pages in-4 sur papier Via Aeropostal.
Complications pour le projet de raid transatlantique.
Il lui a envoyé des chèques. « Je me serais battu en pensant que tu étais dans la dèche. Je ne sais comment je deviens. Je perds décidément le sens pratique oh ! pas l’affection que j’ai pour toi ma petite maman chérie, tu n’en doutes pas dis ? parce que je te place au-dessus de tout, mais je suis tellement absorbé que j’en oublie parfois de manger, ça c’est fort par exemple. Dès que je suis avec mes zincs, je ne suis plus sur terre. Il faudrait malgré tout que j’y descende de temps en temps parce qu’il m’arrive de tels coups durs ! On m’invite à dîner sans cesse. Je connais énormément de monde ici, ou plutôt je suis assez connu. Je ne me souviens pas la plupart du temps d’une invitation. On m’attend stoïquement, je n’apparais pas, et le lendemain je ne m’en excuse même pas, l’ayant totalement oublié. J’étais ailleurs au moment où l’on me parlait !!! Ce n’est pas par distraction cependant parce que dans mon travail, j’ai un tas d’idées en tête, un tas de choses à m’occuper en plus de mes vols et je ne gaffe jamais »…
Il ne sait pas encore quand il pourra partir : « Tout s’arrangeait et puis Laurent Eynac prétend contrôler les projets de raids. Mon commanditaire vient de lui demander audience pour obtenir appui et autorisation. Je n’en connais pas encore le résultat et je me ronge parce que si j’étais là-bas, j’aurai pu aplanir pas mal de difficultés. De loin et par lettre on ne peut pas grand chose et j’en veux à la Compagnie de ne pas m’autoriser à partir. Surtout que je suis prêt à passer outre pour réaliser mon projet. Alors, elle n’y gagnera pas !! Nous avons presque l’argent nécessaire, mais le constructeur ne peut nous mettre l’avion en chantier qu’après l’autorisation du Ministère de l’Air. Quelle poisse, ces formalités et ce que cela peut mettre à mal les énergies. Aussi je bous, je suis sur des charbons, je me sens impuissant à aboutir de loin. En tout cas, si l’autorisation est donnée je compte m’embarquer sur le paquebot Lutetia qui part d’ici le 1er Février et arrive le 14 ».
Il évoque les fêtes du Jour de l’An : « Je n’ai jamais bu autant de champagne dans ma vie qu’en ces quelques jours. Deux cuites au bilan ce n’est pas trop mal comme début d’année. En ce moment cure de silence et de repos général. Les excès sont incompatibles avec l’aviation et si l’on veut y faire de vieux os, il ne faut pas exagérer »…
Provenance : - Jean Mermoz (1901-1936) ;
- Gabrielle Gillet-Mermoz (1880-1955) ;
- Puis dans la famille par descendance
Crédits photos : Contacter la Maison de ventes
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