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une lettre manuscrite d'une femme assassinée par les nazis
Premium Artcurial

208 - MERMOZ Jean

Estimation 1 000 € - 1 500 €
Description
MERMOZ Jean L.A.S. « Votre petit Jean », Recife-Pernambuco 16 mai 1930, à ses grands-parents GILLET ; 3 pages et demie in- sur papier Via Aéropostale. Superbe lettre, au lendemain de son record de distance en ligne droite en hydravion (12-13 mai, de Saint-Louis à Natal, à bord du Comte-de-La-Vaulx, soit 3173 km en 21 h.10). « Voyage splendide malgré nombre de difficultées dues au très mauvais temps mais qui ne sont pas insurmontables quand on veut vraiment quelque chose. Et puis je me sentais bien protégé… je ne sais pourquoi… ou plutôt je sais que tant de prières montaient ce soir-là très intimement vers l’âme supérieure qui règle les destinées de chacun de nous et je savais que j’arriverais… comme j’arriverai toujours lorsque je le voudrai. Le danger est une impression humaine de frayeur. Pour moi ce n’est qu’une épreuve… et une épreuve se surmonte toujours par la volonté. Et j’ai eu de bien mauvais moments pendant ces vingt et une heures entre ciel et eau… des minutes qui comptent pour des siècles… mais si belles à vivre quand on se sent au-dessus de soi-même. Les lettres sont arrivées en moins de quatre jours à B. Aires. Laurent Eynac me dit que j’ai bien mérité de la France… je ne sais si je mérite quelque chose… mais je suis heureux, très heureux en songeant que d’autres suivront bientôt régulièrement mon exemple et que l’expérience de mon premier effort leur servira et les aidera à achever l’œuvre commencée. Je repars le 8 Juin de Natal pour St Louis du Sénégal pour réaliser la traversée retour la première celle-là de toutes et je réussirai. Mon moteur et mon appareil sont en révision complète à Natal. Il faut une mise au point minutieuse à chaque voyage pour être sûr du résultat. Le gouvernement de Récife-Pernambuco m’a fait une chic réception. Ma fiancée est arrivée le 14 sur le paquebot Mendoza qui est resté deux heures à Recife ; j’ai donc eu le bonheur de la voir avec sa mère. Je savais que le Mendoza toucherait Récife et j’avais télégraphié de St Louis du Sénégal que je serais à l’heure dite à Pernambouc… ce qui fut fait après avoir traversé l’Atlantique. Combien n’oseraient pas donner de tels rendez-vous !!! Demain je descends à Buenos-Aires ou tout le monde me réclame… et puis, pour essayer d’atténuer la mauvaise impression survenue après l’accident que nous avons eu à Montevideo où Pranville le chef d’Exploitation en Amérique, Négrin mon remplaçant provisoire à Buenos-Aires et trois passagers ont trouvé la mort de nuit en heurtant la mer dans le brouillard »… Provenance : - Jean Mermoz (1901-1936) ; - Gabrielle Gillet-Mermoz (1880-1955) ; - Puis dans la famille par descendance
À propos de la vente Souvenirs Historiques
Lieu de vente
Date 03/11/2026 à 11h00
Crédits photos : Contacter la Maison de ventes
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