Description
ÉTIENNE Victor (1902-1934)
2 L.A.S., 1930-1931, à Jean MERMOZ ; 5 pages in-4 et 2 pages petit in-4.
Belles et rares lettres du pilote de l’Aéropostale à son ami Mermoz.
Rio 11 mai 1930. [Avant le vol de Saint-Louis-du-Sénégal à Natal (12-13 mai), où Mermoz va battre le record de distance en ligne droite en hydravion.] Il attend l’arrivée à Rio de sa « chère vieille branche “de lilas” ! […] le résultat de cette tentative ne me laisse aucun doute et tu ne peux te figuré qu’elle joie intérieure, je tire déjà de ce beau travail, je n’y suis mêlé pour rien, mais n’est-ce pas, pour nous le couronnement de ce travail soutenu avec qu’elles épreuves durant ces deux ans. Que cette tâche te soit revenue de droit n’est que justice, mais suis encore plus heureux que ce soit à ce “vieux pôte d’ami” »… La veille, a eu lieu « l’accident de Montevideo, avec Négrin-Pranville. C’est un coup dur général pour la Cie, bien pénible surtout pour ceux qui restent, victimes indirectes de cet accident ». Étienne déplore la dégradation de l’état d’esprit qui « n’était plus celui d’Amérique. De notre bel esprit à tous, il n’en existait plus que l’ombre, on n’avait plus confiance en nous, si nous parlions de certaines difficultées, nous passions presque pour des bleuffeurs ; partout les amendes pleuvaient et mécontentement général éclatait. Si bien que dégoutait moi même, j’avais pris mon parti de quitter l’Amérique au plus tôt ; Négrin secondait Pranville d’une façon admirable, je ne pensais pas qu’un esprit si étroit régnait chez ce garçon […] j’avais comme l’apréhension de cet accident dû à de l’ecces de zêle ou d’ambition et d’inconscience de Pranville »… Il ne cache pas sa peine et sa colère : « si la mort pour nous n’est qu’un détail, les conséquences sont toujours pénibles »... Il ajoute qu’il a récemment perdu son frère… Il attend « la voiture qui doit m’emmener au camp pour assurer ce dernier courrier jusqu’à la rencontre de St Ex [Saint-Exupéry] qui remonte de B-Aires »… Il parle pour finir de la fiancée de Mermoz, Gilberte Chazottes : « heureux veinard, tu peux dire que tu es aimé, espérer et que sais-je ! »… Il va bientôt partir sur le Jamaïque avec « ce vieux Pauvert »…
Toulouse 24 octobre 1931. Il donne des nouvelles de sa femme Clotilde qui avait été malade et hospitalisée. Ils sont installés dans leur appartement de Toulouse, mais Clotilde « doit encore garder le lit quelques temps, c’est une maladie non affaiblissante mais bien longue à guérir ; je songe d’ailleurs à vous Madame Mermoz qui avez été aussi éprouvé sensiblement du meme malaise ; combien le lit est désagréable et le repos presque une pénitence quand on ne se sent logiquement pas malade physiquement ; enfin encore quelques temps et je crois que tout ira de nouveau comme auparavant. Alors mon vieux Jean, combien dois-tu te démener et te morfondre de ce long retard dans ton projet, je suis journellement dans l’intran, tes essais et aussi tes démarches auprès du ministre qui ma parole est la plus belle nullité que notre aéronautique est encore été affliger, mais d’après ce que je lis il y a encore un espoir pour la fin de ce mois »…
On joint 2 documents concernant la nomination d’Étienne comme chevalier de la Légion d’honneur, pour sa réception par Mermoz (3 décembre 1931).
Provenance : - Jean Mermoz (1901-1936) ;
- Gabrielle Gillet-Mermoz (1880-1955) ;
- Puis dans la famille par descendance
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