Description
DAURAT Didier (1891-1969)
L.A.S., Toulouse 16 juin 1930, à Jean MERMOZ ; 2 pages in-4 (déchirure marginale au bas du 2e feuillet).
[Après avoir battu le record de traversée de l’Atlantique Sud, Mermoz a accumulé les difficultés pour faire repartir de Natal son hydravion, ce qu’il ne pourra faire que le 8 juillet… pour sombrer alors dans l’océan.]
« Je vous renouvelle mon admiration et je n’insiste pas dans l’étalage de mes sentiments à votre égard, car je désire les garder bien intacts dans mon cœur. C’est un tel réconfort, une telle patience, que de savoir, qu’en toute vérité, il existe de vrais hommes. Ah ! si vous saviez la récompense que vous m’avez donnée le 13 et 14 mai. Peu d’hommes, je m’en doute, ont éprouvé pareille satisfaction dans leur vie. Soyez assuré de ma gratitude et de mon affectueuse sollicitude. Je suis pressé de vous voir pour beaucoup de raisons. J’ai conscience du terrible coup qu’a dû vous porter mon télégramme au sujet de votre départ du 16 juin. Hélas ! nous avons été contraints de vous arrêter de façon à ne pas compromettre l’avenir de l’exploitation de la ligne St Louis Natal et voici pourquoi : Pendant mon absence de curieux accidents ont été observés sur les ferrures d’attaches aux couples fuselage des hydravions en essai à Marignane et aux flotteurs, ces accidents ont reçu une telle publicité à Marseille que le service technique a décidé des renforts dont, jusqu’à ce jour, j’espérais pouvoir dispenser l’illustre 919. Hier une lettre impérative, formelle est venue détruire cet espoir. Étant donné notre situation actuelle nous ne pouvons pas passer outre à cet ordre. D’autre part, étant donné la campagne menée dans une certaine presse au sujet de la valeur de Zeppelin et de la fragilité des hydravions il est évident que votre retour par bateau est une catastrophe, car il sera interprété comme la reconnaissance d’une impossibilité d’exploitation par hydravion. Je connais mieux que personne le sacrifice que représente pour vous et pour nous votre immobilisation à Natal et je vous promets de vous faire rattraper ce temps perdu. Je compte bien d’ailleurs que les observations que vous ferez à Natal et dans les environs pendant ce séjour forcé, seront très précieuses »…
Provenance : - Jean Mermoz (1901-1936) ;
- Gabrielle Gillet-Mermoz (1880-1955) ;
- Puis dans la famille par descendance
Crédits photos : Contacter la Maison de ventes
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