Description
MERMOZ Jean
2 L.A.S. « Jean », Toulouse septembre-octobre 1930, à sa « Maman chérie » ; 2 pages in-4 chaque à en-tête Le Grand Hôtel Régina et Grands Cafés de Toulouse.
Récit de son accident du 30 août et de sa chute en parachute.
4 septembre. Il rassure sa mère, il va de mieux en mieux : « toutefois j’en aurai encore pour quelque temps. J’ai des déchirements de muscles dans le bas-ventre, une contusion interne due au froissement d’une côte… aucune fracture. On s’est demandé comment j’avais pu m’en tirer ainsi après une descente en parachute dont la vitesse fut évaluée à 14 mètres seconde. Je commence à remarcher un peu plus facilement avec une canne. Dans quelques jours tout sera certainement rétabli. À 1000 mètres, alors que je descendais de 5.000 mètres, où j’étais monté chargé à 6.000 kgs j’étais en train de faire une base de vitesse de trois minutes, j’ai senti le fuselage se tordre et se désarticuler. J’ai voulu ouvrir la porte de côté pour me jeter en parachute… mais impossible : l’avion s’abattant en vrille à mort et les ferrures déformées m’empêchant d’aboutir, je me suis alors lancé dans la trappe ouverte au-dessus de ma tête, mais je ne pus y passer à cause de mes épaules et la tête dehors je vis l’aile gauche se détacher. Le réservoir de 1200 litres d’essence s’entr’ouvrit derrière moi, m’inonda d’essence, puis le toit se déchiqueta, se désagrégea et je fus l’un des débris que libéra l’avion littéralement pulvérisé comme s’il avait reçu un obus de plein fouet. J’ai fait environ cent cinquante à deux cents mètres de chute libre avant que le parachute se soit ouvert… et puis je me suis senti accroché subitement dans le vide après une violente secousse. J’ai levé les yeux et j’ai vu des morceaux d’appareil s’abattre sur mon parachute et y faire de nombreuses déchirures, l’un d’eux en enleva un morceau de 1m50 et naturellement ma vitesse de chute s’accéléra. La queue de l’avion passa à 50 mètres de moi. Le contact avec le sol fut rude, je me suis reçu sur les jambes, mais la secousse me cassa en deux »… Sa femme Gilberte a ajouté quelques lignes affectueuses.
17 octobre. La première page est écrite par Gilberte Mermoz à la « chère Maman Gaby ». Puis Mermoz rassure sa mère… « Au retour de Casablanca, nous allons à Marseille et de là à Paris pour quelques jours seulement »…
On joint une L.A.S. « Maman Gaby » à « Ma petite Gilberte » et « Mon Jean » (3 p. in-8).
Provenance : - Jean Mermoz (1901-1936) ;
- Gabrielle Gillet-Mermoz (1880-1955) ;
- Puis dans la famille par descendance
Crédits photos : Contacter la Maison de ventes
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