Description
MERMOZ Jean
L.A.S. « Jean », Toulouse 6 mai 1931, à ses grands-parents GILLET ; 2 pages in-4 à l’encre bleue à en-tête de l’Hôtel du Grand Balcon.
L’avenir de l’Aéropostale après la faillite.
Il a eu et a encore beaucoup d’ennuis avec « la débâcle du Groupe Bouilloux-Lafont et de l’Aéropostale. J’ai failli perdre tout ce que j’avais mon argent étant placé tant en Argentine qu’en France dans les sociétés du groupe. Au même moment, nous n’étions plus payés à la Compagnie qui battait de l’aile au point que nous ne savions le lendemain si tout marcherait encore. J’ai réussi à sauver tout ce que j’avais en Argentine soient 380.000 francs qui sont maintenant en lieu sûr. […] À l’heure actuelle il me reste 130.000 fcs qui sont investis dans la liquidation judiciaire de la Caisse Commerciale et Industrielle de Paris. J’ai pris un conseiller juridique et je pense récupérer par fractions successives. M. Bouilloux-Lafont m’a affirmé que je ne perdrais rien et qu’il compléterait de sa poche ce qui manquerait. […] Au point de vue Compagnie, également, quoique la situation reste très instable et incertaine. En tout cas, elle marche, notre ligne et c’est le principal pour le moment. Seulement tout le monde commande, le groupe B. Lafont d’un côté, le liquidateur, la commission de contrôle d’un autre côté et le gouvernement, autant de clans qui se forment et s’entre-déchirent pour la curée. L’irruption de fonctionnaires complète la gabegie. Bref, d’une œuvre comme la nôtre, que nous avions réalisée si belle, de toute notre énergie, de toute notre volonté, on en a fait un champ de bataille où luttent les unes contre les autres toutes les haines personnelles, politiques et financières. C’est bien triste et bien décevant. De plus, contre ma volonté, on se sert de mon nom que l’on place en avant dans toutes les polémiques contre le gouvernement » ; ainsi dans des articles de Joseph Kessel ou de François Coty : « Bref, je deviens une vedette politique, et toutes ces tuiles me tombent sans que je sache d’où elles m’arrivent ». Il est écœuré : « J’ai repris la ligne. C’est encore là où on se trouve le mieux et je refais des courriers sur Toulouse-Casablanca. Au moins là-haut tout est beau et propre »…
Il a remporté le « record en circuit fermé à Oran. En ce moment, on me prépare l’appareil pour mon record en ligne droite sur Marseille-Buenos-Aires. Les transformations que j’ai exigées ne seront pas terminées avant un mois et demi. À ce moment je remonterai à Paris pour en prendre livraison et commencer mes essais » ; il espère que ses grands-parents y viendront, et ils visiteront l’Exposition Coloniale. Il aimerait venir à Mainbressy pour la Pentecôte avec le Potez…
Gilberte est venue à Oran avec lui : « Nous avons fait deux traversées parfaites, une de Port-Vendres à Oran. Nous avons rejoint Alger puis sommes revenus par le bateau d’Alger à Marseille. Le circuit ne m’a pas fatigué. J’ai dormi une demie-heure au total, bu un verre de champagne et mangé dix oranges ! Naturellement j’avais maigri de deux kilogs environ, mais j’étais en forme et avec mon appétit, j’ai vite récupéré »…
Provenance : - Jean Mermoz (1901-1936) ;
- Gabrielle Gillet-Mermoz (1880-1955) ;
- Puis dans la famille par descendance
Crédits photos : Contacter la Maison de ventes
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