Description
MERMOZ Jean
L.A.S. « Jean », Toulouse Vendredi [10 juillet 1931], à ses grands-parents GILLET ; 4 pages in-4 à l’encre bleue à en-tête de l’Hôtel du Grand Balcon.
Difficultés à l’Aéropostale.
Il leur dit son affection, même s’il n’écrit pas souvent. « En ce moment, je fais la navette Toulouse Paris assez souvent, depuis que Gilberte est malade. J’ai failli la perdre : on a cru un instant que l’opération de la péritonite ne pourrait être évitée. Heureusement les médecins étaient excellents et maman l’a soignée avec un dévouement dont vous pouvez vous douter. […] je pense aller la rechercher la semaine prochaine ».
Il évoque les ennuis judiciaires de sa mère, pour lesquels il a pu faire agir ses connaissances dans les ministères : « il y a à la base de basses vengeances et de l’hôpital et du professeur Combernalle, mais enfin j’ai bon espoir d’arriver à conjurer le mal. En même temps que cela des jalousies essayaient de me démolir auprès des services officiels du ministère pendant qu’un tas de gens, anciens administrateurs de l’Aéropostale, s’abritaient derrière mon nom et me poussaient en avant, à mon insu, dans les coulisses contre la Direction d’Exploitation de Toulouse. Heureusement je fus prévenu à temps et pus mettre fin à ses combinaisons… mais ce ne fut pas sans histoires. Cependant je n’ai pas eu trop de mal à faire éclater ma bonne foi. Mais j’ai failli être obligé de quitter l’Aéropostale. Heureusement je suis bien armé pour cette existence de lutte continuelle… mais il faut beaucoup de volonté pour ne pas se laisser aller parfois aux défaillances. […] Un bon équilibre, une bonne santé physique et morale sont autant d’éléments, de facteurs qui vous permettent de tenir tête, et je puise dans l’enthousiasme sans cesse renouvelé que me prodiguent l’action et l’amour de mon métier toute la force nécessaire. Ma vie propre est merveilleuse et les soucis, les difficultés que j’y rencontre sont d’un ordre tel qu’il ne m’effraie jamais parce que je sais les vaincre. Mais elle comporte d’autres existences, et il me faut accepter toutes les responsabilités : protéger, consoler, c’est un peu la vie de l’homme… c’est la mienne en tout cas… je ne me plains pas […] Mon existence est mon œuvre, je l’ai créée à force d’énergie, de volonté, je me la suis faite ce qu’elle est et c’est ma grande fierté […] Cela vous donne une indépendance morale, un droit de lever la tête bien haut et d’agir selon votre conscience […] et j’ai confiance en la destinée que Dieu m’a faite et je ne puis que remercier avant de me plaindre »…
Il remonte à Paris le 25 juillet « pour prendre mon avion grand raid qui doit être prêt à cette époque. […] Ma santé est parfaite et je me repose un peu en perspective des grands départs prochains : nouveau record du monde en circuit fermé avec Étienne que je prends avec moi – peut-être ensuite une nouvelle traversée commerciale aller-retour de l’Atlantique Sud et aussitôt mon départ pour le raid Marseille B. Aires sans escale »…
Provenance : - Jean Mermoz (1901-1936) ;
- Gabrielle Gillet-Mermoz (1880-1955) ;
- Puis dans la famille par descendance
Crédits photos : Contacter la Maison de ventes
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