Description
MERMOZ Jean
L.A.S. « Jean », Marseille 9 mai 1932, à ses grands-parents GILLET ; 2 pages in-4 très remplies
Congrès d’aviateur à Rome ; préparation de l’Arc-en-Ciel.
Il espère, comme l’a annoncé Gilberte, aller les voir pour la Pentecôte… « je pars le 20 à Rome ou je suis invité pendant huit jours par Mussolini et Balbo pour le Congrès des Aviateurs Transatlantiques. On doit y discuter de toutes les questions relatives aux possibilités de liaisons transatlantiques commerciales et postales. J’y vais avec un nouvel hydravion bi-moteur dont je viens de terminer les essais et que met à ma disposition le Comité de Direction de l’Aéropostale. Dabry et Gimié m’accompagnent naturellement. Les Italiens préfèrent ceux qui ont réalisé à nos parlementaires incompétents. Ils sont plus intelligents que nous »… Sa femme Gilberte est très attristée de la mort de son frère : « Ceci n’est pas fait pour donner le calme moral auquel j’aspire depuis plus d’un an et dont j’ai grandement besoin. Heureusement j’ai mon métier qui me dispense toutes les satisfactions et qui renouvelle toute mon énergie pour lutter. Mais je vous avoue… à vous… que j’éprouverais en ce moment la nécessité de passer un mois ou deux seul dans un bled perdu… un mois de campagne pour calmer mes nerfs sans liaison aucune avec tout ce qui fait ma vie actuelle de soucis, un mois seul avec vous deux qui m’aimez bien et qui avez la sagesse qui comprend tout, ce serait très bon »…
Puis il revient à l’aviation : « Mon appareil grand raid va être près je l’espère à la fin de ce mois et je commencerai mes essais à Paris en vue de mon record vers Buenos Aires dont je fixerai la date selon les renseignements météorologiques […] Les affaires de l’Aéropostale semblent vouloir s’arranger très vite. Les élections tendant à gauche vont en favoriser l’évolution, laquelle je crois va être très heureuse pour Monsieur Bouilloux-Lafont. J’en serais heureux et pour lui et pour moi... Ma situation se transformerait pour moi du jour au lendemain et j’aurais le droit d’envisager l’avenir sous un jour plus brillant encore. Je n’ai pas à me plaindre en ce moment. Tout le monde à l’Aéropostale ne cherche qu’à me faire plaisir. Il est vrai que je suis au-dessus de toutes les combinaisons, que je suis bien avec tout le monde parce que je passe beaucoup de temps comme médiateur à arrondir les angles, à dissiper les doutes et les malentendus. Je n’aurais jamais cru que les hommes puissent s’entredéchirer avec autant de passion dès qu’il s’agit de leur intérêt personnel »…
Provenance : - Jean Mermoz (1901-1936) ;
- Gabrielle Gillet-Mermoz (1880-1955) ;
- Puis dans la famille par descendance
Crédits photos : Contacter la Maison de ventes
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