tableau représentant deux hommes travaillant dans un champ avec un balaiPhoto 2/4 du lotPhoto 3/4 du lotPhoto 4/4 du lot
Lot phare sélectionné par la Maison de ventes.
Premium Maître François RAULT & THIERRY - LANNON et Associés

374 - Albert CLOUARD (1866-1952) Les Faneurs d'Ajoncs ou Les Fagot…

Estimation 15 000 € - 25 000 €
Description
Albert CLOUARD (1866-1952) Les Faneurs d'Ajoncs ou Les Fagoteurs d'Ajoncs, 1903 Huile sur carton, signée en bas à gauche 63 x 80,5 cm Provenance: - Vente Thierry-Lannon, Brest, 19 décembre 1993 - Collection privée, France Exposition : Grandes Serres de la Ville de Paris, Salon de la Société des artistes indépendants, 21 février au 24 mars 1904, n° 536 Bibliographie : Bruno Belleil, Albert Clouard, Les derniers feux du symbolisme en Bretagne, Rennes, Ouest-France, 1992, n° XLIII, reproduction page 78 L’évènement est encore dans les mémoires des amateurs de peintures bretonnes : en novembre 1990 sort un numéro de la revue ArMen dont la couverture est la reproduction d’une peinture d’un artiste méconnu, Albert Clouard (1866-1952) et qui contient un important article de présentation de 16 pages par Bruno Belleil, sous-titré « L’ami oublié de Sérusier et de Maurice Denis ». Quelques semaines plus tard, la vente de l’atelier à Rennes le 9 décembre suscite un grand enthousiasme, tout autant pour la découverte des œuvres que pour celle de ce peintre que Maurice Denis qualifiait de « nabi clandestin ». Deux ans plus tard, Bruno Belleil publie une biographie solide sous-titrée « Les derniers feux du symbolisme en Bretagne », accompagnée d’un répertoire de 269 œuvres. Malgré la difficulté à construire une chronologie dans ce corpus et la persistance de grandes zones de mystère dans la vie du peintre, on percevait sa place originale dans le postimpressionnisme et le symbolisme. Certaines sources d’inspiration et ses diverses écritures picturales, entre naïveté et synthétisme, traduisaient sa singularité. Une seconde vente d’atelier à Rennes cette même année, confirmait l’intérêt des amateurs, puis une autre en 1994. Á l’origine des sources d’inspiration du peintre, il y a en 1891 un voyage à pied à travers la Bretagne en compagnie de Georges Brault pour écrire un Tro Breizh. Cela lui permet de découvrir une Bretagne autre, différente de celle de la capitale rennaise de son enfance. Il s’enracine à Perros-Guirec où il trouve le cadre idéal pour développer quantité de thèmes, entre légendaire et évocations religieuses, mais aussi scènes familiales ou de la vie quotidienne. Dans cet ensemble se détache une suite de six peintures de même format exposées au Salon des Indépendants en 1904 : Les sécheuses de lichen, Les faucheurs de varech, Les pêcheuses de palourdes, Les coupeurs de fougères, Les fagoteurs d’ajoncs et Les brûleurs de goémons. Les thèmes choisis illustrent des activités quotidiennes très modestes du Trégor. Toujours entre terre et mer. La scène des Fagoteurs d’ajoncs se situe au bord de la falaise dominant la mer, permettant de mettre en valeur les gestes de ces gens certainement très humbles qui coupent des ajoncs pour en faire des fagots. Depuis 1902, Clouard travaille sur les compositions à partir de petites études peintes de format 25 x 36 ou aux crayons de couleurs sur papier. Il joue des dispositions avec deux ou trois figures. Elles sont stylisées, se détachant sur la mer ou à contre-jour, devenant presque impersonnelles. Il suit le conseil de son ami Maurice Denis : « La simplification à outrance ! ». Il s’éloigne autant que faire se peut de tout pittoresque, se situant à l’opposé de l’animation des ports de pêche que recherchent alors certains peintres en Bretagne. Clouard veut construire une suite d’images esthétisées traduisant l’immuabilité de la Bretagne. Denis le conseille encore : « Le danger serait que vous deveniez plus réaliste que poète ». Clouard tente dans sa peinture de trouver l’équivalent de sa poésie qui est son premier domaine, entre subjectivité et intemporalité, et de transcrire une scène de genre dans une facture résolument décorative. Ne voulant plus peindre et exposer à partir de 1910 à l’âge de 44 ans, confronté à de multiples soucis, Clouard s’est fermé sur lui-même, malgré les amitiés de Maurice Denis et de Paul Sérusier. Rien n’a bougé dans l’atelier jusqu’à sa mort en 1952, puis au-delà. Cette œuvre ne figure dans aucune des trois ventes de l’atelier en 1990, 1992 et 1994. Elle a été probablement acquise par un collectionneur peu après l’exposition de 1904. André Cariou
À propos de la vente TABLEAUX MODERNES & ECOLES BRETONNES (Seconde Partie)
Lieu de vente
Date 18/07/2026 à 14h00
Crédits photos : Contacter la Maison de ventes
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