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Lot phare sélectionné par la Maison de ventes.
MILLON RIVIERA

300 - BAYA (Fatma Haddad Mahieddine) (Algérie, Bordj el Kiffan 193…

Estimation 20 000 € - 30 000 €
Description
BAYA (Fatma Haddad Mahieddine) (Algérie, Bordj el Kiffan 1931 - Blida 1998) Danseuse aux fleurs et poissons, 1989 Gouache sur papier Signée et datée en bas à droite 89 98 x 73 cm (à vue). Provenance : collection de Pierre Zaragozi (1941-2021), historien de la photographie en Algérie; puis par don, circa 1998, à sa nièce. « Je peins ce que je sens. Je suis agacée quand on me demande ce que je veux exprimer à travers ma peinture. Je vous donne le droit d’y trouver ce que vous désirez (...) Moi, je peins. À vous maintenant de ressentir. » Baya, 1986 Baya (Fatma Haddad, 1931-1998) Révélée au monde en novembre 1947 par André Breton et Aimé Maeght — elle a seize ans, aucune formation académique, et sa première exposition à la Galerie Maeght à Paris suscite l’admiration de tous — Baya connaît ensuite une longue période de silence relatif. Les années 1970-1980 : le retour et la maturité Après son mariage en 1953 avec le musicien Hadj Mahfoud, et durant les années de la guerre d’indépendance algérienne, Baya cesse presque entièrement de peindre. Dans les années 1960 et surtout dans les années 1970, Baya retrouve pleinement son geste, dans une Algérie indépendante qui cherche alors à construire ses propres références culturelles et qui fait de certains artistes des figures tutélaires de l’identité nationale. Elle expose à Alger, bénéficie du soutien d’institutions culturelles algériennes. Son vocabulaire plastique, déjà singulier dans sa jeunesse, s’affirme et s’enrichit : les femmes aux robes somptueuses, les oiseaux, les poissons, les fleurs et les fruits envahissent des compositions de plus en plus denses, rythmées par un cerne noir puissant. Cette œuvre de 1989 marque une étape supplémentaire : la composition se resserre, devient frontale, presque hiératique. La figure féminine unique, le corps de face et le visage de profil, occupe tout le champ pictural dans un équilibre bilatéral presque symétrique ; les éléments végétaux, les oiseaux, les vases se répondent de part et d’autre du visage central, creusé de ses yeux en amande caractéristiques et de ses lèvres à la touche de rouge. La robe devient elle-même tableau dans le tableau : sur fond vert ou rouge, les motifs s’organisent en bandes, en cercles concentriques, en croix, en œil-de-paon — un vocabulaire ornemental qui puise autant dans la broderie kabyle et les tapis berbères que dans une vision personnelle du paradis. Longtemps cantonnée au statut d’exception ou de curiosité — « l’enfant prodige algérienne » découverte par les surréalistes — Baya fait l’objet depuis le milieu des années 2010 d’une réévaluation critique majeure. Sa rétrospective au Mucem de Marseille en 2023, et l’activité du Comité Baya chargé de l’authentification et de la défense de son œuvre témoignent d’une reconnaissance institutionnelle désormais pleinement acquise. Sur le marché international, ses gouaches atteignent des valeurs significatives et suscitent l’intérêt des grandes collections muséales du monde entier, et plus seulement de la diaspora algérienne. Baya s’impose aujourd’hui comme l’une des figures fondatrices de la modernité artistique nord-africaine — non plus en marge, mais au centre.
À propos de la vente Tour du monde du collectionneur : Arts d'Asie et d'Orient
Lieu de vente
Date 25/06/2026 à 11h00
Crédits photos : Contacter la Maison de ventes
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