Galerie Dreyfus
1
-
LOUIS-LÉOPOLD BOILLY (LA BASSÉE, 1761 – PARIS, 1845) Paysage…
1
-
LOUIS-LÉOPOLD BOILLY (LA BASSÉE, 1761 – PARIS, 1845) Paysage…
Estimation 26 000 € - 33 000 €
Lot volontaire
Description
LOUIS-LÉOPOLD BOILLY
(LA BASSÉE, 1761 – PARIS, 1845)
Paysage
Vers 1800
Huile sur toile
32,5 x 40,5 cm. Publication
Etienne BRETON, Pascale ZUBER, catalogue raisonné de Boilly, le peintre de la vie parisienne
de Louis XVI à Louis-Philippe, n°873 P.
Expertise
Etienne Breton
Provenance
Vente Basset, Paris, 7 avril 1824, n°185
Dans ce paysage idyllique au décor de carte postale, le temps semble comme
suspendu. Au premier plan à droite, un groupe de personnages aux costumes folkloriques,
presque endimanchés, devisent sereinement. Deux femmes avec leurs enfants, ont arrêté
leur promenade pour s’adresser à deux hommes assis sur des rochers. Ces personnages, par
leur emplacement et l’éclairage dont ils bénéficient, sont le point d’entrée pour pénétrer ce
paysage qui se déploie derrière eux en plans successifs selon un parcours sinueux. En effet,
sitôt à gauche une zone d’ombre nous oblige à regarder au-delà vers un village reposant
sur un terrassement à flanc de coteau. Plus loin, c’est le bleu d’un lac encaissé qui attire
notre regard avant qu’il ne se perde vers de lointaines cimes éthérées selon les règles de la
perspective atmosphérique. Mais au-delà de la seule topographie, le peintre cherche ici à
rendre un paysage pittoresque par l’architecture de ses édifices mais aussi par le folklore de
ses habitants, dans une vision régionaliste romantique. Ce courant pictural auquel sacrifie
ici Boilly est né d’une volonté de retrouver des sujets simples en peinture tirée d’une vie
quotidienne, cependant fantasmée, où les autochtones apparaissent toujours dans leurs plus
beaux atours permettant d’authentifier leur appartenance à telle ou telle région. Ici la présence
des montagnes et d’un lac laissent deviner un paysage pré alpin peut-être piémontais.
Louis-Léopold Boilly (1761-1845) est un peintre et graveur français, réputé pour ses portraits
et scènes de genre témoignant de la vie de ses contemporains. Fils d’un sculpteur sur bois, il
étudie la peinture, et plus particulièrement le « trompe-l’œil », auprès de Dominique Doncre
à Arras. Etabli à Paris en 1785, il débute sa carrière par des scènes galantes dans l’esprit de
Greuze et Fragonard. Cependant, grand admirateur de la peinture hollandaise du XVIIe siècle,
il développe une touche fine et porcelainée à l’instar de Gérard Dou ou Van Mieris, dont il pos-
sède des tableaux. Devant changer ses sujets, jugés immoraux, sous la Révolution, il devient
portraitiste développant alors un soin particulier à suggérer l’intimité des relations familiales
ou amicales. S’il expose pour la première fois au Salon en 1794, c’est surtout sous le Directoire
et l’Empire qu’il accède à la célébrité. Il obtint un grand succès au Salon de 1798 avec un por-
trait de groupe Réunion d’artistes dans l’atelier d’Isabey, puis reçut la médaille d’or au Salon de
1804, pour L’Arrivée de la diligence (tous deux au musée du Louvre), qui représente une de ses
premières scènes de la vie urbaine qui deviendront sa spécialité. Chroniqueur de la vie sociale
de son époque, Boilly devient un « peintre de la vie moderne » avant l’heure.
Crédits photos : Contacter la Maison de ventes
Vous aimerez aussi