Galerie Dreyfus
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FRANÇOIS BOUCHER (PARIS, 1703 – PARIS, 1770)
L’Oiseleur
Vers…
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FRANÇOIS BOUCHER (PARIS, 1703 – PARIS, 1770)
L’Oiseleur
Vers…
Estimation 80 000 € - 100 000 €
Lot volontaire
Description
FRANÇOIS BOUCHER
(PARIS, 1703 – PARIS, 1770)
L’Oiseleur
Vers 1730
Huile sur toile
54,5 x 46 cm.
Provenance
Collection privée
A quelle facétie s’apprête à se livrer ce jeune homme ? Son large sourire laisse à penser
qu’il médite quelque farce. Dans le creux de sa main droite, il tient un moineau, tandis
que son index gauche, levé, esquisse un geste de prévention. Une mise en garde donc que
contredit pourtant ce sourire. A moins qu’il ne s’agisse d’une promesse ou d’un défi… Le
personnage, hors-champ, auquel s’adresse le jouvenceau figure probablement dans un second
tableau, en pendant. Dès lors, la scène pourrait revêtir une tournure galante où l’oiseau
aurait une connotation sexuelle. En effet, de nombreux tableaux du même auteur reprennent
cette saynète où une jeune fille glisse dans sa cage l’oiseau offert par son galant, dans une
métaphore explicite de l’acte amoureux, comme dans The Bird Nesters (vente Christie’s,
New York, 23 oct. 2012, lot 89) ou, plus magistralement, dans Les Dénicheurs d’oiseaux,
conservé au J. Paul Getty Museum, où l’un des jeunes galants esquisse le même geste du
doigt. Rustique par son sujet, la scène l’est aussi par le traitement des carnations rosées et par
la touche rapidement brossée qui rappellent la manière du Hollandais Frans Hals, montrant
ainsi l’influence de la peinture nordique chez François Boucher.
François Boucher (1703-1770) est l’un des peintres français emblématiques du siècle des Lu-
mières. Sa peinture galante qui privilégie l’érotisme des personnages à l’héroïsme des sujets
historiques aura les faveurs de la cour et notamment celles de Mme de Pompadour qui lui com-
mandera de nombreux portraits. Nommé Premier peintre du roi Louis XV en 1765, au firma-
ment de sa carrière, Boucher a commencé son apprentissage chez son père puis dans l’atelier
du graveur Jean-François Cars auprès duquel il se familiarise avec l’œuvre de Watteau. Mais
c’est avec François Lemoyne, grand décorateur de Versailles, qu’il apprend la peinture et s’initie
aux subtilités du style rococo. Après un séjour en Italie (1727-1731), il est reçu à l’Académie royale
de Peinture et de sculpture en 1734 avec Renaud et Armide, aujourd’hui au Louvre. Au-delà de
la peinture d’histoire, dont les scènes mythologiques sont prétextes à des aventures galantes,
Boucher balaie un vaste répertoire allant de la scène pastorale au portrait de cour. Cet Oise-
leur (dont l’attribution à Boucher est confirmée par les historiens de l’art Alastair Laing et Fran-
çoise Joulie) compte parmi les œuvres de jeunesse de l’artiste qui fut très influencé par les
peintres flamands. Connu lors de son séjour en Italie comme un artiste « peignant à la manière
flamande », il réalise à son retour une série de dessins rustiques et drolatiques qui furent gravés
pour illustrer des ouvrages de Molière (1622-1673). Le style de François Boucher se caractérise
par une touche vive, lumineuse et colorée. Sa peinture dénuée de mélancolie, évoque un uni-
vers joyeux délaissant les tourments de la vie pour ne s’arrêter que sur ses plaisirs. Le quotidien
idéalisé auquel il nous convie est celui que perçoit une société privilégiée encore épargnée par
les tourments révolutionnaires à venir.
Crédits photos : Contacter la Maison de ventes
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