Galerie Dreyfus
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EUGÈNE BOUDIN (HONFLEUR, 1824 – DEAUVILLE, 1898)
Dordrecht, …
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EUGÈNE BOUDIN (HONFLEUR, 1824 – DEAUVILLE, 1898)
Dordrecht, …
Estimation 110 000 € - 138 000 €
Lot volontaire
Description
EUGÈNE BOUDIN
(HONFLEUR, 1824 – DEAUVILLE, 1898)
Dordrecht, Moulin sur les bords de la Meuse
1875
Huile sur toile
55 x 74 cm.
Signée en bas à droite « E. Boudin » et datée « Dordrecht 75»
Provenance
Ancienne collection Beugniet, Paris ;
Wildenstein & Cie, New-York ;
Collection particulière ;
Vente Palais Galliera, Paris, 10 mars 1970, n° 126 ;
Vente Hôtel Rameau, Versailles, 9 juin 1971, n° 114.
Publication
Robert Schmit, « Eugène Boudin, 1824-1898 », vol. I, Paris, 1973,
décrit et reproduit p. 382, n° 1097.
Tel un pion magistral placé sur l’échiquier de la nature, ce moulin à la silhouette renflée
arbore fièrement ses ailes. Masse noire sur un ciel pommelé de nuages blancs, il domine les
bords de d’une Meuse élargie car proche de son embouchure. En face, sur l’autre rive, la ville
de Dordrecht tente de rivaliser en dressant le clocher massif et rectangulaire de sa cathédrale.
Choisissant un point de vue très bas, Eugène Boudin accentue ici l’effet de profondeur,
égrenant les architectures comme autant de repaires qui jalonnent le parcours visuel. De la
rive herbeuse, qui occupe tout le premier blanc, il fait surgir le moulin, monumental, avant
de nous faire traverser la masse du fleuve pour aborder les minuscules constructions de la rive
opposée. Sur le cours d’eau circulent quelques frêles voiliers nous rappelant l’activité portuaire
fluviale de la plus ancienne ville hollandaise. Cependant, une fois de plus, c’est le ciel qui
tient le rôle de protagoniste majeur en occupant les trois quarts de la surface du tableau. Bleu
à son firmament, il est parcouru d’une énorme masse nuageuse, épaisse et cotonneuse, dont
Eugène Boudin possède le secret pour en rendre la matière. Divers gris délavés viennent en
sculpter les volumes, lui conférant une présence tangible presque palpable.
En 1859, il expose sa première toile au Salon où il se fait remarquer notamment par Baudelaire.
Il rencontre Courbet, Jongkind puis Monet qu’il va initier à la peinture en plein-air. Gagnant en
notoriété, il se consacre à des sujets plus mondains accompagnant la naissance des premières
stations balnéaires, Deauville, Trouville mais aussi Juan-les-Pins. En 1874, il participe à la pre-
mière exposition impressionniste chez Nadar. Au-delà des scènes de la vie quotidienne, cro-
quées avec vivacité voire pittoresque, ses paysages s’organisent avec précision selon les lois de
la perspective et selon un cadrage influencé par la photographie naissante. Les personnages,
secondaires voire anecdotiques, s’inscrivent dans un espace perspectif où le regard est invité
à parcourir de vastes étendues. Mais c’est d’abord son traitement de la lumière qui lui vaudra
la reconnaissance de ses pairs notamment pour ses ciels. Corot, son aîné lui attribue le titre
élogieux de « roi des cieux » quand Baudelaire lui décerne celui de « peintre des beautés météo-
rologiques ».
Crédits photos : Contacter la Maison de ventes
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