Galerie Dreyfus
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JOHANNES BOUMAN (STRASBOURG, 1601/02 – UTRECHT, 1658)
Nature…
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JOHANNES BOUMAN (STRASBOURG, 1601/02 – UTRECHT, 1658)
Nature…
Estimation 50 000 € - 63 000 €
Lot volontaire
Description
JOHANNES BOUMAN
(STRASBOURG, 1601/02 – UTRECHT, 1658)
Nature morte aux fruits et au perroquet
1645
Huile sur panneau
59 x 83,7 cm
Signée en bas à droite sur le dessus de la table :
JB[ligature]ouman fec. et datée 1645
Cette nature morte peinte par Johannes Bouman, artiste né à Strasbourg au début du
XVIIe siècle, incarne à la perfection le raffinement de la peinture de genre nord-européenne.
L’œuvre, datée de 1645 et signée sur la table, met en scène une coupe débordante de fruits,
accompagnée d’un perroquet exotique perché sur un melon.
Une composition d’abondance et d’élégance : la scène se déploie sur un plan de table
clair, sur lequel repose une vaste coupe de porcelaine finement décorée. Les fruits y sont
disposés avec soin : grappes de raisins verts et noirs, pommes et prunes aux reflets brillants,
pêches veloutées, poires aux tons dorés. L’artiste joue avec la diversité des textures, du mat au
luisant, et avec les contrastes decouleurs, allant du rouge éclatant au vert profond. À gauche,
un perroquet au plumage vif attire l’œil et confère à la composition une note de vivacité
presque théâtrale. Les feuilles de vigne, aux teintes automnales, s’étendent en arrière-plan
comme un rideau végétal, unifiant la composition et ajoutant un parfum de mélancolie.
Symboles et curiosités : au XVIIe siècle, la nature morte n’est jamais un simple
inventaire d’objets. Elle s’inscrit dans un langage symbolique qui associe richesse matérielle
et méditation morale. Les fruits évoquent à la fois l’abondance de la nature et la fugacité
de la vie, car ils sont voués à s’altérer. Le perroquet, oiseau exotique, rappelle le goût des
collectionneurs pour les merveilles venues du Nouveau Monde et d’Asie : il incarne la
curiosité, l’exotisme et la rareté. Placé au cœur de la scène domestique, il agit comme un
signe du prestige de son propriétaire.
Un peintre alsacien dans le monde hollandais : Johannes Bouman, encore relativement
méconnu aujourd’hui, occupe une place singulière dans l’histoire de la peinture. Né à
Strasbourg vers 1601/02, il témoigne de la vitalité artistique de l’Alsace, territoire alors situé
au carrefour des cultures germaniques et françaises. Sa carrière s’est poursuivie à Utrecht,
aux Provinces-Unies, où il trouva un terrain fertile pour son art, au contact des grands
maîtres de la nature morte hollandaise. Bouman illustre ainsi les échanges artistiques intenses
entre l’Alsace et les Pays-Bas, deux régions liées par le commerce, les réseaux humanistes et
les circulations d’artistes. En Alsacien expatrié, il réussit à intégrer les codes de la peinture
néerlandaise tout en conservant une sensibilité issue de sa formation rhénane. On reconnaît
dans ses œuvres la précision du dessin et l’attention au détail héritées de la tradition
germanique, alliées à la mise en scène élégante et claire caractéristique de l’école hollandaise.
Virtuosité technique : l’exécution du tableau démontre une grande maîtrise picturale.
Bouman excelle dans le rendu des surfaces : la transparence des grains de raisin, l’éclat
céramique de la coupe, la lumière qui caresse le plumage du perroquet. L’artiste sait équilibrer
la composition entre opulence et retenue, évitant le désordre pour proposer une vision
harmonieuse et ordonnée de la nature. La lumière, douce mais précise, unifie l’ensemble et
confère à chaque élément sa présence propre.
Crédits photos : Contacter la Maison de ventes
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