Galerie Dreyfus
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PIETER BRUEGHEL LE JEUNE (BRUXELLES 1578 – ANVERS 1638)
Le P…
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PIETER BRUEGHEL LE JEUNE (BRUXELLES 1578 – ANVERS 1638)
Le P…
Estimation 200 000 € - 250 000 €
Lot volontaire
Description
PIETER BRUEGHEL LE JEUNE
(BRUXELLES 1578 – ANVERS 1638)
Le Paiement de la dîme
Entre 1615 et 1622
Huile sur panneau
70 x 104 cm.
C’est au fond d’un bureau encombré de liasses de papiers, entassés, suspendus,
emballés dans des sacs de chanvre… que siège le maitre des lieux. Calé dans son fauteuil,
coiffé du bonnet des hommes de lois, cet avocat examine un à un les documents que lui
apportent des paysans qui attendent leur tour, avec déférence, chapeau bas, au centre de
la pièce. Face à lui, un sablier compte le temps qu’il accordera à chaque plaignant. Deux
employés l’assistent, un clerc, au fond, qui enregistre les actes, et au premier plan, le caissier
qui perçoit les honoraires dont les paysans s’acquittent en nature : grappes de raisin, volaille,
œufs, qu’une femme puise au fond de sa hotte et qui passent ainsi de main en main. La scène
présente toutes les caractéristiques de la satire, tant dans les traits des paysans, caricaturaux,
que dans l’attitude de l’avocat dénonçant le fossé social qui sépare lettrés et paysans. Ce
tableau, connu à plusieurs dizaines d’exemplaires à travers le monde, dont l’un est conservé
au musée du Louvre, fut diversement intitulé : Le Bureau d’un percepteur d’impôts, Le
Paiement de la dîme ou Le Jour du loyer. Il est plus susceptible de dépeindre le bureau d’un
avocat de village, comme le stipule l’inventaire d’une collection datant de 1627 qui décrit
une peinture sur panneau de Brueghel le Jeune comme représentant « un avocat français ».
Beaucoup de papiers, y compris le calendrier sur le mur de droite, sont, en effet, inscrits en
français, langue utilisée alors pour les documents juridiques aux Pays-Bas. Fait inhabituel, la
source de cette composition n’est cependant pas l’œuvre du père de l’artiste, Pieter Brueghel
l’Ancien (1525-1569), ni d’aucun de ses contemporains tels que Marten van Cleve (1527-
81) ou Peeter Baltens (1527-84) mais semble être une invention de Pieter Brueghel le Jeune
lui-même.
Cette composition de Pieter Brueghel le Jeune s’est avérée être l’une de ses plus populaires.
Connue dans de nombreuses versions, dont environ vingt-cinq sont considérées comme auto-
graphes, la plus ancienne version date de 1615. Brueghel et son atelier ont produit la compo-
sition en deux tailles : le plus petit format mesure environ 55 x 87 cm. et le plus grand format,
comme le présent exemple, mesure environ 76 x 123 cm. La conception globale a probable-
ment été transférée à partir d’un traçage et reste donc largement la même dans les différentes
versions ; les visages caricaturés restent cohérents et la scène globale montre le talent unique
de Brueghel pour les détails narratifs. Les versions existantes de la composition se répartissent
globalement en deux groupes principaux : celles avec des nattes de paille tissées sur la paroi
arrière du bureau, avec des versions datées comprises entre 1615 et 1617, et d’autres avec un
tissu sombre, comme ici, dont les dates varient de 1618 à 1626. Une gravure réalisée après la
composition, par exemple, a été publiée en 1618 par Paulus Fürst pour un pamphlet dénonçant
la corruption des avocats, ce qui donne sans doute un indice sur la popularité durable de la
composition.
Crédits photos : Contacter la Maison de ventes
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