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Galerie Dreyfus

16 - JEAN – BAPTISTE CAMILLE COROT (PARIS, 1796 – PARIS, 1875) La…

Estimation 60 000 € - 75 000 €
Description
JEAN – BAPTISTE CAMILLE COROT (PARIS, 1796 – PARIS, 1875) La Route Vers 1830 Huile sur toile 20 x 38 cm. Signé en bas à gauche « Corot » Provenance Collection Maurice Masson, vente Drouot 22 juin 1911, lot n°8 (4000 Francs) ; Galerie Georges Bernheim ; Collection Alfred Baillehache, vente Drouot, 23 mai 1922, lot n°14 (8500 Francs). Publication Catalogue de la collection Maurice Masson, Paris, 1911. Coupant à travers champs, cette route nous amène, au détour d’un virage, vers un village qu’on devine encore lointain, tache plus claire au pied d’une colline vert sombre. Assise au bord du chemin, goutant un repos certainement mérité, une femme reste en retrait, les jambes étirées, dos à la route et aux champs. Seule présence humaine qui donne une échelle au paysage, cette paysanne à la silhouette simple se démarque par sa masse sombre de la palette lumineuse et claire du paysage. Les gammes claires des hautes herbes vert tendre des champs et du chemin ocre jaune répondent au gris bleu délavé du ciel, par – delà l’horizon tracé par la ligne sombre de la colline que prolonge à droite une rangée d’arbres. Comme à son habitude, Corot construit subtilement son paysage, faisant d’un lieu anodin une composition savamment équilibrée. Avec une grande économie de moyens, il guide notre regard par cette route dont seul le bord gauche est souligné d’un trait foncé qui en affirme la présence. Choisissant le point de vue, répartissant les masses, organisant les contrastes selon une palette raffinée, le peintre réussit à traduire l’intensité d’un paysage et à véhiculer une émotion. Ici la chaleur d’une mi – journée estivale semble terrasser cette femme entre instantané du quotidien et moment d’éternité. Jean-Baptiste-Camille Corot est (1796-1875) est un peintre paysagiste majeur du XIXe siècle dont la longévité nous a laissé de nombreuses œuvres. Issu d’un milieu bourgeois aisé, il était initialement destiné au commerce, mais il intègre à 26 ans l’atelier du peintre Michallon (1796- 1822) qui lui apprend les principes du paysage néoclassique et l’encourage à s’installer en plein air. De ses nombreux voyages en Italie, il rapporte des vues de Florence, Rome ou Tivoli, puis il parcourt la France à la recherche de paysages variés, s’intéressant aussi à l’architecture comme dans sa célèbre Cathédrale de Chartres, aujourd’hui conservée au Louvre. Dilettante, il ne songe pas à exposer avant le Salon de 1835, où il rencontre aussitôt un accueil favorable. Il séduit et déroute tout à la fois ses contemporains par ses thèmes classiques au traitement réaliste et à la palette claire et aux touches franches. A partir de 1850, il délaisse l’exactitude du « motif » pour remodeler ses paysages d’après son imagination s’orientant vers une peinture du « souvenir » des nombreux lieux parcourus. Sa touche devient plus légère, moins scrupuleuse à rendre la réalité. Riche et comblé d’honneurs, il se retire en 1874 à Coubron où il peint encore de nom- breuses vues des forêts alentour comme ici, témoignage émouvant de sa créativité toujours vive.
À propos de la vente Vente Dreyfus
Lieu de vente
Date 28/07/2026 à 16h00
Crédits photos : Contacter la Maison de ventes
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