Galerie Dreyfus
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GUSTAVE COURBET (ORNANS, 1819 – LA TOUR-DE-PEILZ, 1877)
La C…
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GUSTAVE COURBET (ORNANS, 1819 – LA TOUR-DE-PEILZ, 1877)
La C…
Estimation 50 000 € - 63 000 €
Lot volontaire
Description
GUSTAVE COURBET
(ORNANS, 1819 – LA TOUR-DE-PEILZ, 1877)
La Clairière
Circa 1850
Huile sur toile
45 x 65 cm.
Expertise
Jean – Jacques Fernier et Sara Faunce
Provenance
Vente Christie’s, Londres, 13 juillet 2017.
Ces moutons qui paissent tranquillement sur cette berge semblent bien minuscules
dans ce paysage forestier, écrasés par les arbres qui leur volent la vedette. La rivière à gauche
définit leur périmètre de pâture tandis que, de l’autre côté, l’obscurité du sous-bois leur ôte
tout échappatoire. Nul berger à l’horizon. L’endroit semble sécure. Nous sommes ici dans
une clairière qui constitue une parenthèse de lumière dans cette végétation dense. Les rayons
du soleil ont pourtant du mal à y pénétrer. Le tout petit carré de ciel bleu, au sommet de la
composition, lutte pour se faire une place entre la masse nuageuse et la frondaison des arbres.
Comme souvent chez Courbet, la nature domine, l’homme en est exclu car c’est l’arbre le
héros. Ici, monumentaux ils occupent la totalité de la surface de la toile et en dépassent
largement le cadre. La lumière qui vient du fond sert à les magnifier par le jeu du contre-jour
qui dessine leurs silhouettes et affirme leurs masses. Les nuages apportent leur contrepoint
aux feuillages pommelés. Le peintre joue de cette similitude apportant matière et densité à
tous ces éléments.
Gustave Courbet (1819-1877) est le chef de file du courant réaliste. Fils d’agriculteur, il est très
proche de la nature. A Paris, il débute à 20 ans son apprentissage de la peinture dans l’atelier de
Charles de Steuben et fréquente régulièrement le Louvre où il admire la peinture hollandaise et
espagnole du XVIIe s., mais il copie aussi Géricault. Il prend alors un atelier et se lie d’amitié avec
Baudelaire. Après un voyage en Hollande où il découvre Rembrandt et Frans Hals, il retourne
chez lui à Ornans pour opérer un changement radical dans sa peinture qu’il qualifie lui-même
de « réaliste ». Son chef-d’œuvre, Un Enterrement à Ornans, aujourd’hui au musée d’Orsay, fera
scandale au Salon de 1851, car considéré comme trop réaliste voire « socialiste ». Désormais sa
peinture choque, ses nus féminins, trop sensuels, sont jugés dégradants. Il n’abandonne pas
cependant le paysage, parcourant le Languedoc, la Normandie et les Charentes où il peint et
expose même avec Corot. Membre actif de la Commune de Paris en 1871, il est condamné
à financer la reconstruction de la colonne Vendôme qu’il avait contribuée à renverser. Ruiné,
il s’exile alors pour la Suisse où il reprend une activité prolifique pour combler ses dettes et
gagner bientôt une notoriété internationale.
Crédits photos : Contacter la Maison de ventes
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