Galerie Dreyfus
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PHILIPPE DE CHAMPAIGNE (BRUXELLES, 1602 – PARIS, 1674)
La Vi…
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PHILIPPE DE CHAMPAIGNE (BRUXELLES, 1602 – PARIS, 1674)
La Vi…
Estimation 48 000 € - 60 000 €
Lot volontaire
Description
PHILIPPE DE CHAMPAIGNE
(BRUXELLES, 1602 – PARIS, 1674)
La Vierge en prière
Vers 1640-1645
Huile sur toile
59 x 50 cm.
Bibliographie
B. Dorival, Philippe de Champaigne 1602-1674, Paris, 1976, p. 19, n° 21, reproduit p. 401.
B. Dorival, Supplément au catalogue raisonné de l’œuvre de Philippe de Champaigne, 1976,
pp. 21-22, n° 29, reproduit p. 403.
J. Goncalves, Philippe de Champaigne, catalogue raisonné en ligne, n° M10.
Provenance
Ancienne collection particulière, Marseille.
Collection privée, France.
Dans le silence recueilli d’une composition d’une rare intensité, une figure de dévotion
s’offre à nous avec la majesté propre au Grand Siècle. Une Vierge, telle une icône de la
spiritualité janséniste, émerge d’un fond sombre pour nous révéler un visage d’une pureté
sculpturale. Toute occupée à une intuition divine, elle nous montre un profil de trois-quarts
d’une noblesse absolue, le regard perdu dans une contemplation intérieure où le visible
semble s’effacer devant l’invisible.
Cette œuvre, historiquement suivie par Bernard Dorival et récemment remise en
lumière par José Goncalves, n’est pas une simple effigie religieuse. Elle constitue le vestige
magistral et autographe d’une composition monumentale aujourd’hui disparue : le Songe
de Joseph, peint par le maître pour l’église des Minimes à Paris. Marie, placée ici au
premier plan, offre un contraste saisissant avec les représentations habituelles. Sa présence
est monumentale, presque architecturale. Elle est vêtue d’un manteau d’un bleu profond,
aux plis lourds et savants qui accrochent une lumière froide, presque lunaire, typique de la
maturité de l’artiste.
Un soin très particulier est accordé au modelé du visage et au rendu des mains.
L’écriture attentive aux volumes, fondée sur des ombres noires et franches, préfigure la
rigueur des chefs-d’œuvre de Port-Royal. L’éclairage, venant de biais, se focalise sur le front et
la main posée sur le cœur, renforçant ainsi l’expression d’une foi inébranlable et d’un calme
souverain. Champaigne, peintre du silence et de la vérité intérieure, renouvelle ici le genre de
l’image de piété en lui apportant une dimension psychologique et historique exceptionnelle.
Ce fragment retrouvé, dont l’échelle et la facture trahissent la main du maître, demeure un
témoignage capital du génie de l’artiste.
Crédits photos : Contacter la Maison de ventes
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