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Galerie Dreyfus

24 - ECOLE ALSACIENNE Christ aux outrages Vers 1500 Panneau de ch…

Estimation 70 000 € - 75 000 €
Description
ECOLE ALSACIENNE Christ aux outrages Vers 1500 Panneau de chêne parqueté 60 x 42 cm Assis au centre de la pièce, reconnaissable à son grand manteau rouge et à sa couronne d’épines, le Christ est abandonné aux tourmentes de ses bourreaux, débutant ainsi sa Passion après avoir été livré à son peuple par le préfet romain Ponce Pilate. La scène se déroule dans la maison du Grand-Prêtre Caïphe à Jérusalem. Dehors, il fait nuit, conformément au récit de l’Évangile précisant que depuis que Judas est sorti pour livrer Jésus « il fait nuit » (Jn 13, 21-38). Les quatre tortionnaires encadrent le Christ symétriquement, tantôt brandissant des bâtons pour le frapper, tantôt un branchage pour le fouetter, tantôt enfin lui tirant les cheveux. Leurs costumes, contemporains du peintre, ne sont pas ceux de soldats mais évoquent plutôt des civils occupant différents rangs dans la société. Leurs coiffes évoquent tour à tour celles d’un roi, d’un noble, d’un bourgeois et d’un homme du peuple, comme si toute la société fustigeait le Christ. Si la représentation de Jésus les yeux bandés est un motif plutôt rare, Fra Angelico l’a cependant adopté au couvent San Marco de Florence dans son fameux Christ aux outrages où les bourreaux sont alors résumés aux gestes ou instruments de leurs offenses. Selon les évangiles de Matthieu et de Luc : « Alors ils lui crachèrent au visage et le giflèrent ; d’autres le rouèrent de coups en disant : Fais-nous le prophète, ô Christ ! Qui t’a frappé ? » (Mt 26, 67-68) et « Ils se moquaient de lui en le frappant et ils lui voilèrent le visage » (Lc 22, 63-65). Cette représentation évoque celle d’un jeu pratiqué au Moyen Âge, le « qui fery ? », c’est-à-dire le « qui frappe ? » où le joueur qui a les yeux bandés doit deviner qui vient le frapper. Dans les mystères de la Passion joués sur les parvis de cathédrales au Moyen Âge, deux bourreaux, Marquin et Haquin, jouent ce « qui fery » avec le Christ comme victime. Ce panneau, unique volet retrouvé d’un polyptique de la Passion du Christ, constitue un nou- veau témoignage de la vivacité de la création artistique alsacienne à la fin du Moyen-âge. Au côté des florissants foyers artistiques de Strasbourg, Colmar et Sélestat, on peut recenser nombre de couvents et d’églises de villes plus modestes, tel le fameux couvent des Antonins d’Issenheim, qui sont à l’origine de commandes prestigieuses, attestant de la productivité comme du rayonnement artistique de cette école rhénane. Si Gaspard Isenmann (vers 1410 – 1472 ?) et son élève Martin Schongauer (vers 1450-1491), tous deux originaires de Colmar, sont les plus éminents représentants de cette école du XVe s., d’autres artistes dont le nom n’est pas passé à la postérité ont pourtant laissé des œuvres de très grande qualité. Ainsi, le Maître de la Passion de Karlsruhe peint un retable de la Passion du Christ pour l’église Saint-Thomas de Strasbourg (aujourd’hui partiellement conservé à la Staatliche Kunsthalle de Karlsruhe), ou en- core le Maitre de Guebwiller, qui fut probablement l’élève de ce dernier. Ainsi, cette œuvre raffi- née à la palette délicate et harmonieuse atteste des échanges artistiques avec l’Italie comme les Flandres et l’Allemagne durant cette période tardive du gothique, appelée « gothique inter- national ». Le milieu alsacien est en proie aux idées humanistes d’une « dévotion moderne » qui annonce la Réforme prochaine et dont la réalisation la plus extraordinaire sera le retable d’Issenheim par Matthias Grünewald, contemporain de ce panneau.
À propos de la vente Vente Dreyfus
Lieu de vente
Date 28/07/2026 à 16h00
Crédits photos : Contacter la Maison de ventes
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