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Galerie Dreyfus

25 - ÉCOLE DE FRANCFORT, XVIIE SIÈCLE Ecrevisses, citrons et vase…

Estimation 14 000 € - 18 000 €
Description
ÉCOLE DE FRANCFORT, XVIIE SIÈCLE Ecrevisses, citrons et vase de fleurs sur un entablement Première moitié du XVIIe s. Huile sur toile 61 x 76 cm Provenance Vente anonyme ; New York, Sotheby’s, 7 avril 1989, n° 77 (comme Ecole française du XVIIe siècle) ; Chez David Koetser, Zürich, en 1989-90, n° 22 du catalogue (comme J. van Winghen) ; Vente anonyme ; Paris, Ader, Picard, Tajan, 5 décembre 1990, n° 30 (comme J. van Winghen) ; Acquis lors de cette vente par l’actuel propriétaire ; Collection particulière du Doubs Tout fonctionne ici de pair. Du face-à-face au côte à côte, objets et aliments vont par paires. Deux écrevisses s’alignent ainsi sagement dans leur plat d’argent sous la vigilance de deux demi-citrons qui les observent telle une paire d’yeux. Plus à droite, se sont deux couverts, fourchette et couteau, qui croisent leur fer dans un simulacre de duel. Enfin, dominant la composition, la rencontre au sommet, est celle de deux récipients que tout oppose. A commencer par leur matériau, cristal finement soufflé contre céramique robuste, leur forme, élancée ou trapue, mais aussi leur usage, un verre et un pichet. A la transparence du premier qui révèle un vin blanc aux reflets dorés, répond l’opacité vernie du second, vase improvisé dans lequel un bouquet de roses achève de se faner, répandant un à un les pétales sur la nappe. Le précieux le dispute ici au modeste, le raffinement au rustique, le baroque à la simplicité. La symbolique sourd pour nous rappeler la vanité des biens terrestres. Luxe et sobriété sont ici à égalité. Le temps passe qui emporte tout sur son passage, corrompt, corrode et fane. Seul signe de vie dans cette nature morte, le papillon qui volète rajoute au propos par l’éphémère de son existence dont la durée est plus courte encore que celle du bouquet. Au début du XVIIe siècle, Francfort-sur-le-Main et sa région, voit éclore une école raffinée de la nature morte, dont le peintre Georg Flegel (1566-1638) tient le haut du pavé. D’origine morave, cet élève du Flamand Lucas Van Valckenborch (1535-1597), appartient à ce petit groupe de peintres qui vont développer avec un raffinement particulier ce genre importé des Flandres et des Provinces-Unies. Ses compatriotes et collègues se nomment Daniel Soreau (vers 1560- 1619) et Pieter Binoit (1590-1632) ; le premier est le fils d’une famille protestante de Tournai réfu- giée à Cologne pour échapper aux persécutions religieuses en Wallonie. Avec d’autres artistes, il professe dans la ville de Hanau, attirant des élèves comme Binoît, d’origine wallonne lui aussi et destiné à devenir l’un des maîtres en ce domaine, mais aussi comme l’Alsacien Sébastien Stoskopff (1597-1657). Chez tous, on peut déceler des influences flamandes et hollandaises que l’on retrouve dans notre composition.
À propos de la vente Vente Dreyfus
Lieu de vente
Date 28/07/2026 à 16h00
Crédits photos : Contacter la Maison de ventes
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