Galerie Dreyfus
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ANTOINE ETEX (PARIS, 1808 – CHAVILLE, 1888)
L´Ile des Plaisi…
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ANTOINE ETEX (PARIS, 1808 – CHAVILLE, 1888)
L´Ile des Plaisi…
Estimation 14 000 € - 18 000 €
Lot volontaire
Description
ANTOINE ETEX
(PARIS, 1808 – CHAVILLE, 1888)
L´Ile des Plaisirs
1878
Huile sur toile
cadre d’origine
88 x 116 cm
Provenance
Collection Antoine Etex ; ayant figuré à la vente après décès d’Antoine Etex,
Paris Hôtel Drouot 25 et 26 février 1889 ;
Acquis à cette vente par l’arrière-grand-père de l’actuel propriétaire.
A quels plaisirs se livre-t-on sur cette île ? Au centre, un couple de danseurs esquisse
quelques entrechats rythmés par la guitare d’un musicien assis à droite au milieu d’un
groupe de spectateurs attentifs. A gauche, un couple penché sur leur livret, déclame ou
chante quelque hymne poétique. A l’arrière-plan, sous les frondaisons d’un bosquet, trois
couples se tiennent en retrait. Celui du centre, observe les danseurs tandis que les deux autres
conversent, étrangers aux réjouissances. Au loin, enfin, une barque nous indique que l’eau
entoure cette langue de terre dont le tout premier plan laisse voir la berge. L’étrangeté de la
situation réside dans les costumes anachroniques des personnages. Le couple central, vêtu à
l’antique, semble tenir le rôle d’un jury, telles deux divinités tutélaires qui présideraient à ces
plaisirs terrestres. La jeune fille à leur droite, consolée par sa mère, a l’aspect d’une vestale
ou d’une jeune épousée. Le reste de l’assemblée revêt des costumes folkloriques italiens de
paysans endimanchés. Les deux femmes du premier plan se démarquent cependant par leurs
robes plus citadines qui trahissent un niveau social plus bourgeois. Enfin, le danseur central,
en costume rose, semble sorti de la Commedia dell’arte. Si le paysage doit beaucoup à la
touche éthérée de Corot, les personnages, quant à eux, sont peints avec précision et dans
une palette vive et délicate qui les démarquent de leur décor paysager plus brossé. Le tapis
vert sur lequel ils évoluent met en valeur leurs silhouettes et leur gestuelle. La composition
pyramidale, habilement répartie en arc de cercle, repose sur l’équilibre et la symétrie. De
facture classique, l’œuvre qui pourrait illustrer une nouvelle de Boccace s’inscrit comme
héritière de la Renaissance autant que de Carrache ou Poussin. Etex met ici à profit son
voyage en Italie et la leçon des grands maitres.
Crédits photos : Contacter la Maison de ventes
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