Galerie Dreyfus
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LÉONARD TSUGUHARU FOUJITA (TOKYO, 1886 – ZURICH, 1968)
Vue d…
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LÉONARD TSUGUHARU FOUJITA (TOKYO, 1886 – ZURICH, 1968)
Vue d…
Estimation 76 000 € - 95 000 €
Lot volontaire
Description
LÉONARD TSUGUHARU FOUJITA
(TOKYO, 1886 – ZURICH, 1968)
Vue de la Jetée et du Port de Saint‑Quay‑Portrieux
1917
Huile sur toile
38,1 × 46 cm
Signée et datée en bas à gauche : T. Foujita 1917
Certificat
Certificat d’authenticité délivré par Sylvie Buisson.
Cette œuvre sera incluse dans la cinquième édition du catalogue raisonné en préparation
par Sylvie Buisson.
Provenance
Acquise par la mère de l’actuel propriétaire vers 1975 ; puis par descendance familiale
Peinte en 1917, Vue de la Jetée et du Port de Saint-Quay-Portrieux appartient aux
premières années parisiennes de Léonard Tsuguharu Foujita, période décisive au cours
de laquelle l’artiste affirme une identité picturale singulière qui fera bientôt sa renommée
internationale. Arrivé à Paris en 1913, Foujita s’intègre rapidement au cercle artistique de
Montparnasse, alors véritable laboratoire de la modernité. Il y fréquente les grandes figures
de l’avant-garde parmi lesquelles Pablo Picasso, Amedeo Modigliani ou encore Diego Rivera.
La composition représente le port et le phare de la station balnéaire bretonne de
Saint‑Quay‑Portrieux, dont la jetée monumentale structure l’espace du tableau. Quelques
embarcations dispersées sur l’eau calme animent la surface picturale et instaurent un rythme
visuel discret, tandis que la mer et le ciel semblent se fondre dans une atmosphère douce et
silencieuse. L’ensemble dégage une impression de calme suspendu, presque méditatif, qui
invite le regard à parcourir la scène dans une lente contemplation.
Cette œuvre témoigne déjà de la sensibilité particulière de Foujita pour les effets de
matière et de lumière. L’artiste y emploie de fines couches d’huile diluée qui rappellent les
lavis traditionnels de la peinture japonaise, héritage direct de sa formation à Tokyo. Par
ce procédé, il obtient une surface picturale subtile et vibrante où les tonalités argentées et
sableuses semblent diffuser une lumière douce et enveloppante. Cette fusion entre tradition
orientale et modernité occidentale constitue l’une des signatures esthétiques majeures de
Foujita et explique en grande partie l’originalité de son œuvre au sein de l’École de Paris.
L’année 1917 marque par ailleurs un moment particulièrement important dans la
trajectoire de l’artiste. Cette période correspond à son mariage avec la peintre et
muse Fernande Barrey ainsi qu’à sa première exposition personnelle organisée par le
galeriste parisien Georges Chéron. Le succès immédiat de cette exposition contribue
à installer Foujita parmi les artistes les plus prometteurs de la scène parisienne.
Restée dans la même famille depuis près d’un demi-siècle, cette toile récemment redécouverte
présente un intérêt historique et artistique notable. Sa provenance claire, associée à la certification de Sylvie Buisson — spécialiste de référence de l’artiste — et à son inclusion prochaine dans le catalogue raisonné, renforce encore son importance au sein de la production de Foujita.
Par la délicatesse de son exécution, la poésie de son atmosphère et son inscription dans
une période fondatrice de la carrière de l’artiste, Vue de la Jetée et du Port de Saint-Quay-
Portrieux constitue un témoignage particulièrement précieux de l’émergence du style de
Foujita, à un moment où l’artiste s’impose progressivement comme l’une des figures majeures
de la modernité parisienne.
Crédits photos : Contacter la Maison de ventes
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