Galerie Dreyfus
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NATALIA GONTCHAROVA LADYJINO, 1881 – PARIS, 1962
Vase de fle…
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NATALIA GONTCHAROVA LADYJINO, 1881 – PARIS, 1962
Vase de fle…
Estimation 120 000 € - 150 000 €
Lot volontaire
Description
NATALIA GONTCHAROVA
LADYJINO, 1881 – PARIS, 1962
Vase de fleurs
Vers 1902-1904
Huile sur toile
56 x 44 cm.
Certificat
Jean Chauvelin, Paris.
Monogrammé en bas à droite en cyrillique « N. Gontcharova»
Ce bouquet abondant, dont les gerbes de multiples espèces (iris, églantines, colchiques,
fougères…) semblent devoir difficilement cohabiter dans ce même petit vase et à la même
saison, revêt une portée éminemment symbolique. Comme le laisse deviner le fond binaire
sur lequel il se détache : pan noir dans la moitié gauche, ouverture sur un paysage lumineux
dans la moitié droite. Au pied du vase, les multiples pétales fanés jonchent la table au
point de la recouvrir totalement. Très fortement inspiré, voire copié (?) d’une nature morte
flamande, le tableau évoque les vanités d’Ambrosius Bosschaert ou de Balthasar van der Ast.
Il nous montre ici la solide formation artistique de Natalia Gontcharova avant qu’elle ne
s’affranchisse de ses ainés et expérimente ses propres voies vers une abstraction qui n’oubliera
jamais les maitres classiques. Car la modernité se nourrit de la tradition.
Natalia Gontcharova (1881-1962) est une peintre russe naturalisée française en 1939. Ayant suivi
une formation à Moscou, elle se consacre à la peinture après sa rencontre avec Michel Lario-
nov (1881-1964) qui deviendra son mari. A partir de 1907, après des expérimentations impres-
sionniste et cubiste, elle développe un style personnel néo-primitif, fortement influencé par les
icônes et l’imagerie populaire russe (loubok). C’est ainsi que les thèmes religieux et d’inspiration
paysanne imprègnent son œuvre. En 1906, elle participe à l’exposition d’art russe organisée
par Serge de Diaghilev (1872-1929) au Salon d’automne, à Paris, puis lance, en décembre 1909,
avec Larionov le néo-primitivisme, lors de la troisième exposition de la Toison d’Or. Toujours
à l’avant-garde, elle participe au mouvement futuriste (1911), puis à la création du rayonnisme
(1912-1913), ce mouvement non-figuratif dont ils vont rédiger le manifeste. Présente sur toute la
scène européenne, Gontcharova expose pour le Blaue Reiter à Munich, en 1912, puis à la gale-
rie Der Sturm à Berlin. En 1913, une grande rétrospective lui est consacrée à Moscou, dont le
catalogue s’élève à près de 700 numéros, puis elle expose, en 1914, au Salon des indépendants
à Paris, aux côtés de Larionov, Alexandra Exter (1882-1949) et Georges Yakoulov (1884-1928).
C’est aussi en 1914 qu’elle produit la série des lithographies intitulée Images mystiques de la
guerre et réalise les décors du Coq d’or de Rimski-Korsakov pour les Ballets russes. Elle expose
avec Larionov à la galerie Paul Guillaume, avec une préface du catalogue par Guillaume Apolli-
naire. En 1918, elle s’installe définitivement à Paris avec Larionov et devient l’un des principaux
peintres des Ballets russes de Diaghilev pour qui elle conçoit notamment les décors pour Les
Noces de Stravinsky (1882-1971), ainsi que pour Ida Rubinstein (1885-1960) et ses Ballets russes
de Monte-Carlo. Peintre de l’École de Paris, Gontcharova est aussi membre du Salon d’automne
depuis 1921, et participe régulièrement au Salon des Tuileries et au Salon des indépendants. Si
la guerre et l’après-guerre sont une période difficile pour Gontcharova et Larionov, c’est en 1954,
à l’occasion des grandes rétrospectives de Diaghilev à Londres, qu’ils recouvrent la célébrité. Le
musée d’art moderne de la ville de Paris lui consacre une rétrospective, après sa mort. En 2019,
le Tate Modern de Londres organise la première rétrospective uniquement sur son travail.
Crédits photos : Contacter la Maison de ventes
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