Galerie Dreyfus
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NATALIA GONTCHAROVA LADYJINO, 1881 – PARIS, 1962
La vendeuse…
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NATALIA GONTCHAROVA LADYJINO, 1881 – PARIS, 1962
La vendeuse…
Estimation 88 000 € - 110 000 €
Lot volontaire
Description
NATALIA GONTCHAROVA
LADYJINO, 1881 – PARIS, 1962
La vendeuse de pain
1911-1912
Huile sur toile
66 x 94 cm.
Ce tableau présente une boulangère tenant dans ses mains un grand pain rond,
ses bras robustes enveloppés dans un mouvement protecteur. Son visage, encadré par un
foulard blanc, est empreint d’une gravité calme et résolue. Vêtue d’une blouse rouge foncé
et d’un tablier vert profond, la figure féminine se détache nettement sur un arrière-plan où
se devinent des éléments floraux, des couronnes de pain suspendues et un four. Ce dernier
se dresse comme un symbole authentique du savoir-faire artisanal, sa structure robuste et
chaleureuse rappelant non seulement l’importance de la cuisson dans la transformation du
pain en une œuvre d’art gustative, mais aussi la continuité d’un héritage traditionnel où
chaque fournée porte la signature du labeur et de la passion. Au contraire, au premier plan,
des baguettes et des miches dorées ainsi qu’un panier tressé s’alignent avec une présence
presque sculpturale. L’or des pains, après un passage au four, tranche contre la palette sombre
et chaude du décor, évoquant la lumière de l’aube et la lueur du fournil.
La beauté de cette œuvre réside d’abord dans son intensité visuelle. Les contrastes
de couleurs du rouge terreux au vert sombre, puis au blanc éclatant du voile attirent
immédiatement le regard et guident notre lecture de la scène. Les formes sont simples et
puissantes, presque géométriques, témoignant d’un style résolument moderne. Pourtant,
derrière cette stylisation, l’artiste laisse transparaître une profonde humanité, la posture de
la vendeuse, solide et dignement ancrée dans son activité quotidienne, suscite une émotion
sincère. Ce tableau est unique par le soin porté à la matière et à la volumétrie, qui donnent
aux pains et au visage de la vendeuse une force sculpturale. Les pains semblent palpables,
presque réels, tandis que l’allure quelque peu monumentale de la femme sublime sa condition
de travailleuse. La scène se mue ainsi en un hommage à la vie simple, au labeur et aux
nourritures essentielles. C’est cette union magistrale entre la beauté des formes, l’exaltation
du travail humain et la chaleur des couleurs qui confère à ce tableau toute sa grandeur et son
caractère inoubliable.
Crédits photos : Contacter la Maison de ventes
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