Galerie Dreyfus
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MOÏSE KISLING (CRACOVIE, 1891 – SANARY-SUR-MER, 1953)
Bouque…
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MOÏSE KISLING (CRACOVIE, 1891 – SANARY-SUR-MER, 1953)
Bouque…
Estimation 72 000 € - 90 000 €
Lot volontaire
Description
MOÏSE KISLING
(CRACOVIE, 1891 – SANARY-SUR-MER, 1953)
Bouquet de mimosas
Vers 1930
Huile sur toile
38 x 55 cm
Signée en bas à gauche « Kisling »
Provenance
Collection du fond d’atelier de l’artiste
Certificat
Michel Kisling
« Les mimosas étaient les fleurs qui donnaient le plus de travail à mon père. Il peignait
chaque boule une à une, en faisant tourner rapidement son pinceau généreusement enduit
de couleur. À la fin du mouvement, il reculait prestement la main, ce qui formait une petite
pointe, un très bas-relief. » Jean Kisling
Dans une explosion de lumière, cette myriade de points jaunes emplit la presque
totalité de la composition. Eruption volcanique, geyser d’or, feu d’artifice… cette profusion
de billes jaunes frappe la rétine jusqu’à l’éblouissement. Une gageure en peinture ! Cependant,
cette juxtaposition de points ne doit rien au mélange optique du pointillisme de Seurat. Ici,
il s’agit tout simplement de représenter des fleurs de mimosas, ces minuscules boules jaunes
fragiles et soyeuses. Le peintre choisit alors de traiter la masse des fleurs par cet assemblage
minutieux de petits points jaunes réguliers, côte à côte, en relief, selon un procédé presque
naïf. Ce jeu d’empâtement correspond ainsi parfaitement à la texture même de cette fleur
granuleuse. Dépourvue de toute feuille, la gerbe surgit du fût d’un vase brun qui accentue
l’analogie avec le volcan. Le choix du bleu, complémentaire du jaune, comme couleur de fond
sert la puissance de cette masse florale. Sobre, efficace, équilibrée la composition se déploie
toute en luminescence grâce à la présence, çà et là, de quelques points blancs qui, tels des
reflets de lumière, procurent à l’ensemble cet effet scintillant, quand d’autres, bruns comme
le vase, lui apportent une profondeur. Arbre d’origine exotique qui fleurit l’hiver dans le Sud
de la France, le mimosa fascine littéralement Kisling qui en fait un motif récurrent durant
toute sa carrière. Tel un exercice de style, l’artiste peindra plusieurs dizaines de bouquets
de mimosas dès les années 20 mais surtout à partir de 1937, quand il s’installe dans sa villa
La Baie qu’il a faite construire à Sanary-sur-Mer. Il puise son sujet directement dans son
jardin où fleurit l’Acacia dealbata. Au-delà d’un travail sur la nature morte et la matérialité
duveteuse et mouvante de cette fleur délicate, l’artiste cherche dans cette masse colorée et
vibrionnante à évoquer la chaude lumière du Midi.
Crédits photos : Contacter la Maison de ventes
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