Galerie Dreyfus
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MARIE LAURENCIN (PARIS, 1883 – PARIS, 1956)
Jeune seigneur d…
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MARIE LAURENCIN (PARIS, 1883 – PARIS, 1956)
Jeune seigneur d…
Estimation 30 000 € - 38 000 €
Lot volontaire
Description
MARIE LAURENCIN
(PARIS, 1883 – PARIS, 1956)
Jeune seigneur devant son palais
1932
Huile sur toile
27 x 42 cm.
Signée et datée « Marie Laurencin 1932 » en haut à droite
Ces deux silhouettes claires, qui évoluent au premier plan d’une campagne verdoyante,
flottent plus qu’elles ne courent dans cet espace fantaisiste. Le chien, forme blanche élancée,
se découpe presque en crux dans la toile. Il est suivi de son maitre, ébauché dans un même
esprit, mais qui se distingue par l’ajout de deux couleurs, le vert de son pourpoint vert et
le marron de sa coiffe. Ils se dirigent vers un pont, à gauche, qui enjambe une rivière. Juste
derrière eux, une bâtisse aux formes synthétiques résume un château flanqué de deux tours
carrées. Simplifiés à l’extrême, les volumes gris clair ressemblent à un jeu de cubes dont les
pans ajourés dessinent des ouvertures, fenêtres sans huisseries, animées parfois d’une couleur,
un rideau ou une porte. A l’arrière-plan, la nature déploie sa verdure sur un relief vallonné.
Comme à son habitude, Marie Laurencin ne cherche pas à nous restituer un quelconque
paysage mais bien plutôt à nous évoquer une ambiance, entre rêve et poésie. Les couleurs
tiennent ici un rôle proche du décor. Juxtaposées, sans dégradés de valeurs, elles ne cherchent
pas à créer un volume ni une profondeur. Les tonalités froides appartiennent à la palette du
peintre qui aime les effets éthérés. L’univers est celui d’un décor de théâtre où un prince et
son chien partirait en promenade.
Marie Laurencin (1883-1956) est une portraitiste française, poétesse et illustratrice. Inscrite à
l’école de Sèvres pour devenir peintre sur porcelaine, ainsi qu’à l’Académie Humbert, elle se
noue d’amitié avec Braque et Picabia. En 1907, elle expose pour la première fois au Salon des In-
dépendants en compagnie de Picasso et Derain, flirtant ainsi avec le cubisme dans son célèbre
Groupe d’artistes, aujourd’hui au Musée de Baltimore. Sa notoriété monte alors en France, puis
en Allemagne. Exilée en Espagne pendant la première guerre mondiale, elle fréquente le milieu
Dada mais son style se montre peu perméable aux influences de ses artistes. C’est dans l’entre-
deux guerres que sa carrière de portraitiste mondaine atteint son apogée. Son style singulier
ne cherche pas tant la ressemblance du modèle qu’un masque reconnaissable de sa palette
aux aplats de couleurs froides. Ses portraits, s’ils sont des objets à la mode, expriment aussi la
recherche d’un éternel féminin.
Crédits photos : Contacter la Maison de ventes
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