Galerie Dreyfus
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MARIE LAURENCIN (PARIS, 1883 – PARIS, 1956)
Les Jeunes fille…
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MARIE LAURENCIN (PARIS, 1883 – PARIS, 1956)
Les Jeunes fille…
Estimation 100 000 € - 130 000 €
Lot volontaire
Description
MARIE LAURENCIN
(PARIS, 1883 – PARIS, 1956)
Les Jeunes filles au château
Huile sur toile
55 x 45 cm.
Signée « Marie Laurencin » en haut à droite
A en juger par le costume de ces jeunes afilles, des tutus de gaze, l’action semble se
dérouler sur une scène, ce que corroboreraient leurs attitudes affectées et les pas de danse
qu’elles esquissent. Etrange chorégraphie, cependant, qui convoque un chien dont la patte
levée fait écho au bras de la jeune fille. L’arbre serait donc factice ainsi que la rivière à
l’arrière-plan, le tout formant un décor bucolique dans lequel évolueraient ces nymphes
de ballet. Au fond, de l’autre côté de la rive, un troisième personnage agite un immense
rideau descendant du toit d’une grande bâtisse, dans un geste théâtral à son tour. Feint, ce
décor peint se conçoit alors comme un tableau dans le tableau. La frontière est d’autant plus
ténue entre les différents statuts que le style de Marie Laurencin ne recherche pas un effet
réaliste, encore moins illusionniste. Sa touche légère et vaporeuse, sa palette de couleurs
pales voire diaphanes, jouant avec les dégradés de tons pastels, entretient l’impression d’un
monde onirique presque évanescent. Ces deux jeunes filles pourraient tout aussi bien sortir
de ce château irréel comme les ballerines dans un conte de fée. Leurs traits, schématisés,
comme leurs couleurs se fondent dans le décor. Leurs chevelures brunes et leurs teints clairs
les mettent en accord avec les deux tours comme si elles en étaient l’incarnation. Plus que de
théâtre, il s’agit ici de peinture. La touche céleste et harmonieuse de Marie Laurencin prime
sur le sujet et définit un style unique où la grâce le dispute à la poésie.
Marie Laurencin (1883-1956) est une portraitiste française, poétesse et illustratrice. Inscrite à
l’école de Sèvres pour devenir peintre sur porcelaine, ainsi qu’à l’Académie Humbert, elle se
noue d’amitié avec Braque et Picabia. En 1907, elle expose pour la première fois au Salon des In-
dépendants en compagnie de Picasso et Derain, flirtant ainsi avec le cubisme dans son célèbre
Groupe d’artistes, aujourd’hui au Musée de Baltimore. Sa notoriété monte alors en France, puis
en Allemagne. Exilée en Espagne pendant la première guerre mondiale, elle fréquente le milieu
Dada mais son style se montre peu perméable aux influences de ses artistes. C’est dans l’entre-
deux guerres que sa carrière de portraitiste mondaine atteint son apogée. Son style singulier
ne cherche pas tant la ressemblance du modèle qu’un masque reconnaissable de sa palette
aux aplats de couleurs froides. Ses portraits, s’ils sont des objets à la mode, expriment aussi la
recherche d’un éternel féminin.
Crédits photos : Contacter la Maison de ventes
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