Galerie Dreyfus
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LE NAIN, ANTOINE (1593-1648), LOUIS (1603-1648) ET MATHIEU (…
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LE NAIN, ANTOINE (1593-1648), LOUIS (1603-1648) ET MATHIEU (…
Estimation 70 000 € - 88 000 €
Lot volontaire
Description
LE NAIN, ANTOINE (1593-1648),
LOUIS (1603-1648) ET MATHIEU (1607-1677)
Carriole et figures à l’entrée d’un village
Vers 1640-1660
Huile sur toile signée
63 x 66 cm
Provenance
Chez P. de Boer, Amsterdam, en 1938 ;
Vente collection de M. X et à divers amateurs, Paris, galerie Charpentier, 1er juin 1951, n°115
(attribué à Matthieu Le Nain) ;
Collection Edouard des Courières (1896-1987) ;
Puis par descendance.
Publications
Georges ISARLO, « Les trois Le Nain et leur suite », in La Renaissance, mars 1938, fig. 58.
Ce petit groupe de personnages au premier plan semble en pleine tractation. Deux
hommes, de conditions différentes, discutent sous le regard circonspect d’une femme et
d’une fillette qui les entourent. Face à nous, l’homme au costume apprêté, orné de dentelles,
a conservé son chapeau sur la tête, tandis que son interlocuteur, d’origine plus modeste, l’a
ôté respectueusement. De dos, il fait un pas en arrière et semble se récrier devant le doigt
pointé vers lui. Se tenant légèrement en arrière de son mari, la femme, richement habillée,
observe sans intervenir. S’agirait-il d’une discussion autour d’une transaction à s’acquitter
relative à la carriole rangée sur la droite ? A l’arrière-plan, un homme se détourne tête baissée,
comme mis à l’écart. Au fouet qu’il tient en main, on devine le cochet de la carriole. Attentifs
aux petits faits du quotidien, sensibles aux comportements de leurs contemporains, les frères
Le Nain savent traduire avec sobriété la société qui les entoure et leur conférer un statut
allégorique voire même biblique. On se surprend à chercher quelque parabole cachée dans
leurs scènes focalisées du quotidien.
Antoine, Louis et Mathieu Le Nain sont trois frères peintres français du XVIIe s. réputés pour leurs
peintures de genre dites réalistes. Elevés dans un milieu rural auquel ils resteront toujours atta-
chés, ils peignent leurs contemporains avec une grande acuité, probablement formés par des
peintres flamands (les Teniers ?) dont ils acquièrent l’aptitude à rendre les scènes du quotidien.
Antoine Le Nain (1588 ?-1648) est l’ainé de la fratrie ; il peindra toute sa carrière avec Louis et
Mathieu. En 1629, les trois frères ouvrent un atelier parisien et connaissent les faveurs du public
grâce aux scènes de genre dans lesquelles ils se spécialisent. Proches de la cour et des puis-
sants, tous trois entrent à l’Académie royale de peinture et de sculpture en 1648 mais Antoine
et Louis mourront la même année. Mathieu continuera une carrière de portraitiste talentueuse
peignant Mazarin et la reine Anne d’Autriche. Si la peinture du quotidien est alors en vogue
en Europe, le style des Le Nain se différencie du caravagisme ambiant, par une simplicité des
mises en scène et une palette colorée sobre, valorisant des camaïeux de gris-bruns comme
dans cette œuvre toute en sobriété. Ils s’attachent à rendre l’intimité de la chaleur d’un foyer
ou des relations sociales, privilégiant l’expression des visages à la proportion des personnages.
Une peinture sur l’introspection, rare dans ce siècle baroque tout en démonstration.
Crédits photos : Contacter la Maison de ventes
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