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Galerie Dreyfus

66 - JEAN-BAPTISTE PATER (VALENCIENNES, 1695 – PARIS, 1736) Une D…

Estimation 36 000 € - 45 000 €
Description
JEAN-BAPTISTE PATER (VALENCIENNES, 1695 – PARIS, 1736) Une Dame dans sa chambre à coucher Huile sur toile 29 x 35.4 cm Provenance Dickinson, Dealers in Fine Art, London & New York. Cette jeune femme assise au bord de son lit défait semble bien pensive… L’assistance de sa servante lui tendant un bassin pour sa toilette ne la tire pas de sa songerie. A moitié dévêtue, la chemise décolletée découvrant son épaule quand sa jupe relevée dévoile ces jambes nues, la dame tarde à remettre de l’ordre dans sa toilette songeant, avec un sourire, à quelque ébat amoureux passé. Le léger désordre de la chambre semble témoigner, en effet, du passage d’un amant : le linge jeté sur la banquette à droite, les souliers dispersés près du lit et enfin ces quelques fleurs au sol ? échappées d’un bouquet sur la gauche… La symbolique érotique de ces roses fraichement « cueillies » est une constante de la peinture galante de la Régence. Tout nous parle ici d’amour, à commencer par cette alcôve aux lourds rideaux cramoisis, d’où surgit cette banquette de repos servant de lit improvisé où un traversin proéminent invite à se coucher. Mais il est un autre couple, d’animaux domestiques cette fois, qui fait écho à la scène passée. Une levrette, au profil galbé, regarde sans aménité un chat qui la surplombe du haut du parapet. Ce dernier, au dos rond et à la queue relevée, semble plus agressif, prêt à l’affrontement. Mise en abyme des relations amoureuses, le duo animalier évoque non sans malice les joutes galantes si prisées dans la peinture du du siècle des lumières. Jean-Baptiste Pater (1695-1736) est un peintre rococo français. Formé auprès d’Antoine Wat- teau, il restera toute sa carrière sous son influence, tant pour le style que pour le choix de ses sujets. En 1725, il est en effet reçu à l’Académie comme peintre de fêtes galantes, genre spéciale- ment conçu pour son maitre, après la mort duquel il terminera d’ailleurs certaines commandes. C’est à cette période que sont réalisés ces pendants, Le Concert champêtre et La Cueillette des roses. L’influence de Watteau est manifeste dans la composition, où ces couples semblent tout juste échappés de son Pèlerinage à l’ile de Cythère, conservé au Louvre : la même scansion du mouvement, comme autant d’instants découpés d’une même histoire. Pater développe néan- moins sa propre palette de couleurs, plus soutenue. Aux roses perlés et gris argentés s’ajoutent des teintes bleues et vertes presque acidulées. Les teintes du paysage sont aussi plus pastel, moins irisées que chez son ainé. La scène fait enfin clairement référence au théâtre italien alors très en vogue chez les peintres. Le Grand siècle et sa peinture sérieuse a fait place à des thèmes plus libertins avec la Régence. La société, libérée du carcan de la cour, s’adonne à des jeux dont les peintres nous font l’écho au point de créer ce nouveau genre des « fêtes galantes », adaptant la scène de genre aux mœurs licencieuses de l’aristocratie. Cet art de la galanterie qui se répand dans l’Europe du siècle des Lumières, trouve en Pater un brillant émissaire dont l’un des princi- paux clients est l’empereur Frédéric II de Prusse. Il décline à l’envi dans son œuvre, des couples occupés à se séduire offrant ainsi un miroir à la société qui les lui commande. La femme cour- tisée y occupe toujours le centre autour duquel gravitent les soupirants. Pater, toujours libertin mais jamais lubrique nous offre un hymne au jeu atemporel de la séduction.
À propos de la vente Vente Dreyfus
Lieu de vente
Date 28/07/2026 à 16h00
Crédits photos : Contacter la Maison de ventes
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